Manque de carburant : comment Macron veut reprendre le contrôle des archives

Vingt jours après le début des grèves des raffineries, la direction d’Esso-ExxonMobil tiendra une réunion syndicale lundi. Bien que la pénurie soit là et complique le quotidien de nombreux Français, Emmanuel Macron a décidé de franchir un pas.

Le gouvernement a-t-il sous-estimé la force de la CGT et des travailleurs ? Après trois semaines de grève dans les raffineries, près de 30 % des stations-service connaissent désormais des difficultés d’approvisionnement en gaz. Dans les Hauts-de-France, plus de la moitié des stations ont des difficultés avec au moins un carburant.

Une situation qui pourrait durer, et qui oblige le président de la République à reprendre la main sur ce dossier.

“Il l’a traité de très près ce week-end”, a déclaré l’entourage d’Emmanuel Macron à BFMTV, ajoutant que le chef de l’Etat avait évoqué le dossier avec le Premier ministre.

Macron “tente de calmer le jeu”

“Il a eu des entretiens avec les principaux acteurs de cette crise (…) Il a essayé de calmer le jeu et de débloquer la situation. Depuis samedi matin, il essaie de calmer le jeu et de trouver une issue.” on continue dans l’entourage du Président.

Vendredi, en déplacement à Prague, en République tchèque, où se tenait un sommet européen, Emmanuel Macron avait déjà appelé au “calme” et à la “responsabilité” face à la ruée vers le gaz.

Un appel répété par plusieurs de ses ministres, qui n’a pas forcément été entendu. L’entourage du chef de l’Etat est donc assez sévère avec la gestion de la crise de ces derniers jours et reconnaît des erreurs de communication, soulignant le décalage entre le discours politique du gouvernement et la réalité de ce que vivent les Français.

Prenez par exemple Olivier Véran, qui a refusé il y a quelques jours de parler explicitement de pénurie, ou Agnès Pannier Runacher, qui a laissé entendre que la crise serait résolue ce week-end.

“Il y a un débat sur le niveau de redistribution des richesses”

Cependant, la crise n’a fait qu’empirer au cours de la semaine et du week-end. Bien que des milliers de Français aient eu de grandes difficultés à s’approvisionner ces dernières heures, les discussions entre les syndicats et la direction d’Esso-ExxonMobil vont débuter lundi.

“Il y aura peut-être un accord demain (lundi) chez Esso. Cela laisse à la CGT deux options, pour savoir s’il faut ou non mettre fin à la grève”, analyse l’entourage du président de la République.

“Pour Total, soit ils arrêtent le mouvement pour entrer en négociations, soit ils continuent. Mais s’ils continuent, il y a le risque d’être isolés de ce mouvement”, poursuit cette source, qui rappelle que l’entreprise “est au centre de la discussions”. sur les super profits.” Et selon l’entourage d’Emmanuel Macron, “il y a un débat sur le niveau de redistribution des richesses”.

“L’exécutif a fait preuve d’une immense légèreté”

Parce que Total a généré des profits incroyables. Mais les salaires n’ont pas augmenté en conséquence. D’où la colère des salariés et la grève de vingt jours.

Et le calendrier n’a pas joué en faveur du président de la République et du gouvernement. Ce week-end, Elisabeth Borne et une dizaine de ministres étaient en Algérie, un voyage prévu depuis fin septembre. Mais le maintien de Clément Beaune dans la délégation a suscité des interrogations.

“L’exécutif a fait preuve d’une immense légèreté. (…) Où est le ministre des Transports ?” a donc demandé notre rédacteur en chef Christophe Barbier dimanche soir.

D’autant que, dans quelques jours, dimanche 16 octobre, Nupes organise une grande marche à Paris contre la vie chère et l’inaction climatique. Une manifestation à laquelle de nombreuses personnalités appellent à participer, et qui pourrait donner un nouveau souffle au conflit social.

Par Philippe Corbé avec Ariel Guez

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