Lors d’une manifestation contre le résultat des élections présidentielles du 30 octobre 2022, devant une base militaire à Sao Paulo, au Brésil, le 3 novembre 2022. MATIAS DELACROIX / AP
LETTRE DE RIO DE JANEIRO
La scène date du 20 novembre. La nuit est tombée à Porto Alegre, capitale de l’État brésilien du Rio Grande do Sul. Dans le centre historique, près du commandement militaire régional, une poignée de manifestants d’extrême droite, vêtus de maillots de la Seleçao (l’équipe nationale de football), continuent de protester contre le résultat de l’élection présidentielle du 30 octobre, au cours de laquelle Jair Bolsonaro a été battu aux élections présidentielles. sondages de Luiz Inacio Lula da Silva. Tous réclament une « intervention fédérale ». Comprenez : un putsch militaire.
Quand soudain, ils adoptent un comportement intrigant. Les bolsonariens placent le téléphone portable sur le crâne, la lampe de poche allumée et pointée vers le ciel. Chacun passe la main devant le faisceau lumineux, comme pour envoyer un SOS aux étoiles et à leurs habitants lointains. “Les gars, (…) ces putschistes demandent l’aide d’extraterrestres”, déclare le photographe terrifié Marcelo Nunes, qui met en ligne une vidéo des manifestants sur son profil Facebook.
Cela est immédiatement devenu viral en ligne. Il est dommage que le message lumineux des manifestants ait été en réalité adressé aux généraux du commandement militaire de Porto Alegre : le « SOS aux martiens » ou « l’appel à ET » est venu attester de l’état psychologique, jugé préoccupant par quelques. , l’un des partisans les plus radicaux de Jair Bolsonaro, qui n’est plus descendu dans la rue depuis près d’un mois.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Au Brésil, les pro-Bolsonaro se mobilisent contre le résultat des élections présidentielles et misent sur l’armée : « Nous resterons, nous reviendrons tous les jours »
A Niteroi, près de Rio de Janeiro, certains d’entre eux ont été filmés en train de prier et parfois d’implorer Dieu à genoux devant des bâtiments de l’armée. Au Paraná (sud), d’autres ont été vus en train de chanter l’hymne national devant un simple pneu. Ailleurs, les bolsonariens ont improvisé des marches militaires grotesques en file indienne, entamé de curieuses chorégraphies qui se terminent en grand écart sur le bitume ou encore léché le portrait du président sortant devant les caméras de télévision.
Agressions verbales et physiques
Les thèses les plus farfelues circulent dans ces rassemblements carnavalesques. A Belém (Amazonie), un manifestant en larmes a déploré que la police brésilienne ait été “achetée” par le dirigeant irakien Saddam Hussein (décédé en 2006). Beaucoup ont célébré avec ferveur la fausse nouvelle de l’arrestation par la police du juge Alexandre de Moraes, un gaucher d’extrême droite et président du Tribunal supérieur électoral. Certains pensent aussi que Jair Bolsonaro aurait simplement été remplacé par un sosie.
Il vous reste 67,94% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.