Lancement de la première sonde lunaire sud-coréenne

La première sonde lunaire sud-coréenne, Danuri, a décollé jeudi soir de Cap Canaveral en Floride pour une mission d’un an, une étape clé pour les ambitions spatiales de Séoul, qui prévoit d’atterrir un vaisseau spatial sur la Lune ici en 2030.

L’orbiteur Danuri, une contraction de “Dal”, signifiant Lune, et “Nuri”, signifiant profiter, a décollé vendredi à 0008 GMT à bord d’une fusée SpaceX Falcon 9, a annoncé le ministère coréen des Sciences depuis le Sud. Le vaisseau spatial doit être inséré en orbite lunaire en décembre.

Le vice-ministre des Sciences, Oh Tae-sok, a déclaré que la mission se déroulait bien et que les chercheurs communiquaient déjà avec Danuri via l’antenne spatiale profonde de l’Agence spatiale américaine (NASA) à Canberra, en Australie.

“L’analyse des informations reçues par satellite a confirmé que le panneau solaire Danuri a été déployé avec succès pour commencer à produire de l’électricité”, a-t-il déclaré aux journalistes.

“Danuri n’est que le début. Si nous sommes encore plus déterminés et engagés à développer des technologies pour les voyages spatiaux, nous pourrons atteindre Mars, des astéroïdes, etc. dans un avenir proche”, a déclaré Lee Sang-ryool, président de Korea Aerospace Research. Institute (KARI), dans une vidéo publiée avant le lancement.

Il a salué “une étape très importante dans l’histoire de l’exploration spatiale coréenne”.

Au cours de sa mission, Danuri utilisera six instruments différents, dont une caméra ultra-sensible fournie par la NASA qui servira notamment à sonder la surface du sol afin d’identifier les sites d’atterrissage pour de futures missions.

Danuri doit également tester, en première mondiale selon le gouvernement sud-coréen, un nouveau système de communications spatiales en réseau résistant aux interférences.

– Espace K-pop –

La sonde tentera également de mettre en place un environnement Internet sans fil destiné à connecter des satellites ou des véhicules d’exploration. Cette connexion sans fil dans l’espace sera testée en diffusant en streaming la chanson “Dynamite” du groupe culte de K-pop BTS.

Un autre instrument, ShadowCam, enregistrera des images de régions de la Lune qui sont en permanence dans l’ombre. Les scientifiques espèrent trouver des sources cachées d’eau et de glace dans ces régions sombres et froides situées près des pôles.

“Si cette mission réussit, la Corée du Sud deviendra le septième pays au monde à lancer une sonde sans pilote vers la Lune”, a déclaré à l’AFP un responsable du KARI.

“C’est un moment clé pour le programme de développement spatial de la Corée du Sud, et nous sommes impatients de continuer à contribuer à la compréhension globale de la Lune avec ce que Danuri va découvrir”, a-t-il ajouté.

Selon des scientifiques sud-coréens, Danuri, dont la construction a pris sept ans, ouvrira la voie à des objectifs plus ambitieux. La Corée du Sud prévoit d’atterrir un vaisseau spatial sur le sol lunaire d’ici 2030.

La Corée du Sud est la 12e économie mondiale et l’un des pays les plus avancés technologiquement, mais a jusqu’à présent pris du retard dans la conquête de l’espace. Alors qu’ailleurs en Asie, la Chine, le Japon et l’Inde ont développé des programmes spatiaux avancés.

Alors que le Danuri était lancé par SpaceX, une société privée, la Corée du Sud avait lancé en juin avec succès sa première fusée de conception nationale, Nuri, qui avait mis plusieurs satellites en orbite, après un échec en octobre.

Ainsi, il est devenu le septième pays au monde à lancer avec succès une charge utile d’une tonne avec ses propres fusées.

La Corée du Nord revendique sa place dans ce club de pays disposant de sa propre capacité de lancement de satellites. Il a affirmé avoir lancé un satellite de 300 kilogrammes en orbite en 2012 sur une fusée, que Séoul et Washington considéraient comme un missile balistique déguisé.

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