Il avait dit qu’il n’avait pas plus peur de cette démarche que de la raison. Porté par une confiance infaillible dès le départ de cette Vuelta, Remco Evenepoel s’est contenté d’identifier dans une application les endroits stratégiques de cette 8e étape. “Je n’ai pas reconnu la finale parce que je ne voulais pas me stresser inutilement, a-t-il dit. Mais je suis prêt.”
Il l’a confirmé tout au long de la journée. Ne permettant à aucune autre équipe de rouler en tête de peloton, il a conclu le travail de ses confrères en dictant sa loi sur la terrible ascension de Collau Fancuaya. Désintéressé par la lutte pour la victoire d’étape, revenu à l’insatiable Jay Vine, le prodige brabançon a failli dominer tous ses rivaux. Toujours aussi puissant, il a lâché tous ses rivaux, sauf deux : Enric Mas et Primoz Roglic. L’Espagnol et le Slovène, leurs deux premiers dauphins au classement général (respectivement à 0h28 et 1h01) ont dû tenir bon pour rester dans leur roue. Ce samedi dans les Asturies, le pilote Quick-Step Alpha Vinyl a confirmé avoir très bien progressé dans tous les domaines.
« En franchissant la ligne, je pensais avoir pris une poignée de secondes à Enric et Primoz, raconte-t-il, après avoir roulé. Pourtant, il n’avait pas sprinté dans le but de leur prendre du temps mais avec l’idée de ne pas perdre » Jamais J’ai été stupide. C’était la course parfaite car il n’y avait que deux gars derrière moi. Je suis encore plus heureux parce que c’était peut-être l’arrivée la plus difficile de cette Vuelta.”
Le collectif de la meute de loups était particulièrement remarquable. “Tout le monde disait de nous qu’on n’était qu’une équipe de classiques. Je pense que les garçons ont prouvé le contraire. Quant à moi, je n’ai jamais eu l’intention d’attaquer car c’était déjà assez difficile. Je voulais monter à mon rythme et c’était très bien comme ça. Maintenant, il faut garder les pieds sur terre car ce dimanche, il y a une nouvelle étape de montagne.”
Par la suite, Remco Evenepoel pourra bénéficier d’une journée de repos avant le contre-la-montre de mardi à Alicante, une rencontre cruciale. Il sera dans son élément. “C’est vrai mais je ne veux pas encore y penser”, conclut-il.