Après l’attentat d’Istanbul, les autorités turques accusent le PKK

Après une explosion dans la rue Istiklal d’Istanbul le 13 novembre. YASIN AKGUL / AFP

Dimanche 13 novembre, une forte explosion a retenti dans la rue commerçante animée d’Istiklal, au cœur d’Istanbul, ont rapporté les médias turcs. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé, en direct à la télévision, un “ignoble attentat” qui, selon le dernier bilan, aurait fait six morts et quatre-vingt-un blessés. 42 blessés étaient encore hospitalisés dimanche soir, dont cinq en réanimation, et deux dans un état critique, selon le ministre de la Santé Fahrettin Koca.

Le ministre turc de l’Intérieur, Soumeylan Soylu, a déjà accusé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’avoir perpétré l’attaque lundi matin. “Selon nos conclusions, l’organisation terroriste PKK est responsable” de l’attentat, a déclaré M. Soylu. Il a également annoncé l’arrestation d’une personne soupçonnée d’avoir posé un engin explosif.

Le ministre de la Justice Bekir Bozdag a fait référence à un “sac” posé sur une banque par “une femme”. [qui] oui[y] il reste assis pendant 40 à 45 minutes et quelque temps après une explosion.” “Toutes les données sur cette femme sont en cours d’examen”, a-t-il poursuivi, estimant que “soit ce sac contenait une minuterie, soit quelqu’un l’a activé à distance”.

La zone bouclée, les médias ont empêché la diffusion des images

Sur les lieux d’une explosion dans le quartier Taksim du centre d’Istanbul, le 13 novembre 2022. KEMAL ASLAN / RUETERS

L’explosion s’est produite peu après 16h00 (14h00 heure de Paris), alors que la foule rue Istiklal était particulièrement dense, a rapporté la chaîne de télévision NTV.

Moins d’une heure après les événements, le Conseil supérieur de la radio et de la télévision de Turquie (RTUK) a interdit aux médias audiovisuels de diffuser des images de la scène. Selon le vidéaste de l’Agence France-Presse (AFP) qui s’est rendu sur place, les forces de l’ordre ont mis en place un large cordon de sécurité pour interdire l’accès à la zone meurtrie par crainte d’une seconde explosion. Un déploiement massif des forces de sécurité bloque également tous les accès.

Des images circulant sur les réseaux sociaux dans l’après-midi montraient des ambulances, des pompiers et des policiers sur les lieux. Dans une vidéo mise en ligne, l’explosion peut être vue accompagnée d’un fort bang avant que les passants ne s’enfuient.

Lire nos archives (2014) : L’avenue Istiklal, miroir de la « nouvelle Turquie » d’Erdogan

Le PKK souvent accusé par Ankara de “terrorisme”

Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par Ankara, mais aussi par ses alliés occidentaux, comme les États-Unis et l’Union européenne. Elle est au cœur d’un bras de fer entre la Suède et la Turquie, qui bloque depuis mai l’entrée de Stockholm dans l’Otan, l’accusant de clémence envers le PKK. Ankara a demandé l’extradition de plusieurs membres du PKK dans un protocole d’accord signé en juin avec la Suède et la Finlande, autre pays nordique qui souhaite rejoindre l’alliance atlantique.

Dans la lutte armée contre le gouvernement turc depuis le milieu des années 1980, le PKK a souvent été tenu responsable par le passé d’attentats sanglants sur le sol turc. C’est aussi une cible régulière des opérations militaires turques contre ses bases dans le nord de l’Irak et de la Syrie. Le mois dernier, de nombreuses allégations diffusées par l’opposition turque et démenties par les autorités faisaient référence à l’utilisation d’armes chimiques par l’armée turque contre des combattants du PKK. L’organisation a publié une liste de 17 noms, accompagnée de photos de personnes présentées comme des “martyrs” tuées par des gaz toxiques.

Le monde avec l’AFP

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