Incendies en Gironde et Landes : “Un monstre au cerveau et au comportement tactique”

“La vitesse de propagation de cet incendie est sans précédent, explique un pompier. Jusqu’à présent, le record en Gironde était de 6 000 hectares en trois jours. Disque pulvérisé en seulement 24 heures. “C’est le résultat de plusieurs facteurs. Des températures caniculaires pendant des semaines, une humidité et un vent très faibles, auxquels s’ajoutent l’extrême sécheresse de la végétation et la nature du terrain, fait de tourbe et de lignite dans lequel le feu peut s’enfouir et réapparaître davantage », explique le lieutenant-colonel Arnaud. Mendousse, responsable de la communication du Sdis de la Gironde.

“Avancer à raison de 6 à 7 km/h pendant la nuit, contre les 2 km/h de l’incendie de Landiras en juillet”, précise le président du département de la Gironde et du conseil d’administration du Sdis, Jean-Luc Gleyze . , l’ogre est arrivé dans les Landes en pleine nuit de mardi à mercredi. Les communes de Mano, Moustey et Saugnac-et-Muret ont rejoint leurs voisines géronaises de Saint-Magne, Hostens et Belin-Béliet sur la liste des évacuations.

L’autoroute comme pare-feu

Dans la journée, des renforts importants arrivent de toute la France. Un millier de sapeurs-pompiers sont désormais sur le terrain et se battent de toutes leurs forces, aidés par des centaines de bénévoles du DFCI (Association pour la Défense des Forêts Contre l’Incendie), des moyens aériens dont cinq Canadairs, deux avions Dash et deux hélicoptères bombardiers d’eau. et 120 soldats.

“Dès qu’on ne peut plus contenir le feu, comme c’était le cas aujourd’hui, on protège les points sensibles et on essaie de le déjouer”

Les moyens aériens devraient augmenter, avec neuf avions, selon une annonce du ministre de l’Intérieur. Gérald Darmanin sera également de la partie ce jeudi, aux côtés de la Première ministre, Élisabeth Borne. “La mobilisation du Gouvernement et des services de l’Etat aux côtés des élus locaux, des bénévoles et des habitants est totale”, a tweeté le Premier ministre.

“Le feu a appris à nous surprendre. Ça tourne, ça marche comme une vis. C’est pourquoi des évacuations ont eu lieu partout. C’est pourquoi l’autoroute A63 a été fermée. Il est maintenant complètement effacé. Les pompiers peuvent s’approcher pour attaquer les flammes. Ils sont vraiment très proches », rapportait Martin Guespereau lors de son point mercredi soir. Depuis le milieu d’après-midi, des engins DFCI ont ouvert un large pare-feu le long de l’A63. Un nouvel ouvrage titanesque de 5 km de long D’autres pare-feux sont prévus derrière le front sud, en les Landes.

Un incendie se déclare à certains endroits

A ses côtés, le contrôleur général du Sdis de Gironde, Marc Vermeulen, décrit un “incendie qui ne respecte pas les règles établies par Météo-France”. “Nous avons dû avoir un vent du nord et un front de feu censé se propager vers le sud. Ce n’est vraiment pas le cas, il est juste resté dans la zone et s’est propagé dans toutes les directions. Nous avons dû agir de tous les côtés.”

Le chef des pompiers explique qu’avec l’augmentation de la température, le feu se déclare à certains endroits et prend son propre axe de propagation. Le feu s’est même déplacé vers le nord mercredi. « La ville de Belin-Béliet est menacée ainsi que Saint-Magne, suite à un saut de feu. »

La technique opératoire est toujours la même depuis les grands incendies de juillet. La priorité est de sauver les gens. “Dès qu’on ne peut plus contenir le feu, ce qui était le cas aujourd’hui, on protège les points sensibles et on essaie de le déjouer selon les différentes possibilités”, poursuit Marc Vermeulen.

A Belin-Béliet, la lutte est acharnée. Les Canadiens sont tombés devant le feu pour le ralentir et faciliter la défense des points sensibles comme les maisons. Dash a également travaillé pour créer une ligne à retard. Lors de la reconnaissance au sol vers 18 heures, le feu a de nouveau changé de direction. “C’était assez derrière Belin-Béliet. On va l’observer toute la nuit et adapter l’appareil au fur et à mesure.”

Abordant la responsabilité de chacun, le préfet Martin Guespereau appelle chacun “à avoir un très haut respect des règles de la surveillance rouge renforcée”. « Nous sommes à risque maximum. N’allez pas dans les montagnes des Landes et de la Gironde. »

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