Le président français Emmanuel Macron tient une conférence de presse sur la crise énergétique en France et en Europe à l’Elysée le 5 septembre 2022. LUDOVIC MARIN/AP
Alors qu’un hiver sans gaz russe se profile, Emmanuel Macron a exhorté lundi 5 septembre les citoyens à “rester attentifs à la sobriété” pour éviter le rationnement du gaz et de l’électricité dans les mois à venir.
“Nous n’avons pas à jouer avec la peur, nous ne sommes pas dans cette situation” de rationnement, a-t-il toutefois assuré lors d’une conférence de presse consacrée à la crise énergétique après un entretien en visioconférence avec le chancelier allemand Olaf Scholz.
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“Chacun a un rôle à jouer” pour la sobriété énergétique
“Chacun a un rôle à jouer”, a déclaré le président, appelant à la sobriété énergétique et estimant que “la meilleure énergie [était] ce que nous ne consommons pas[ait] non”. Selon lui, “nous avons notre destin entre nos mains car, depuis février, nous avons beaucoup fait et parce que si nous parvenons à être à la rencontre de la solidarité et de la sobriété”, “la solution est entre nos mains”, il ajouta..
“Il faut tous qu’on bouge !”, a-t-il poursuivi, appelant à des “changements de comportement” comme “tourner la climatisation un peu moins fort quand il fait chaud” et, cet hiver, “le chauffage un peu moins fort que d’habitude”, évoquant une température d’environ 19. °C dans les chambres.
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“Si on sait collectivement se comporter plus sobrement et économiser l’énergie partout, il n’y aura ni rationnement ni coupures”, a insisté le chef de l’Etat, rappelant l’objectif d’atteindre “10% d’économies d’énergie”.
Vers un “soutien financier plus ciblé” pour les ménages
Pour ce faire, Emmanuel Macron a annoncé la célébration de points réguliers. Le suivi déjà entamé, notamment grâce à My Ecowatt, « donne déjà beaucoup d’informations » sur la situation énergétique. “Nous allons essayer d’améliorer tous ces instruments pour que chacun puisse se les approprier à son niveau”, a déclaré le chef de l’Etat.
S’agissant des aides économiques aux ménages, comme le bouclier tarifaire, Emmanuel Macron a prévenu, sans donner de calendrier, qu’elles ne pourraient pas être maintenues “pendant des mois et des mois”. Dès lors, le gouvernement s’oriente vers “un ciblage plus important des aides” pour les “classes moyennes et les familles plus modestes qui n’ont pas pu résister à la hausse des prix”.
Le ministre délégué aux Comptes publics Gabriel Attal a annoncé samedi que le gouvernement “maintiendra un système de bouclier en 2023”. Selon une étude de l’INSEE, ces mesures de “bouclier tarifaire” ont réduit de moitié l’effet de la hausse des prix de l’énergie sur l’inflation.
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Paris s’engage à livrer du gaz à l’Allemagne
Emmanuel Macron s’est entretenu par visioconférence avec le chancelier allemand Olaf Scholz de la crise énergétique en Europe face à la menace d’un hiver sans gaz russe, à l’Elysée, le 5 septembre 2022. LUDOVIC MARIN / AP
Alors que le géant russe de l’énergie Gazprom vient d’annoncer un arrêt prolongé du gazoduc Nord Stream entre la Russie et l’Allemagne, Berlin et l’Europe se préparent à un hiver sans gaz russe : Gazprom a déjà arrêté ses livraisons de gaz à l’opérateur français. engie
C’est contre cette menace qu’Emmanuel Macron s’est adressé lundi à la chancelière allemande. Lors de sa conférence de presse, le chef de l’Etat français a annoncé que Paris s’engageait à livrer davantage de gaz à l’Allemagne, qui en retour pourrait l’approvisionner en électricité si la crise énergétique l’exigeait cet hiver.
Au niveau européen, M. Macron s’est également déclaré “favorable à des pratiques communes d’achat de gaz” pour acheter “moins cher” ainsi qu’au plafonnement du prix du gaz russe livré par gazoduc.
Un “mécanisme de contribution européen” plutôt qu’un impôt national sur les super bénéfices
Le président français s’est également prononcé en faveur de l’imposition par l’Union européenne (UE) d’une contribution aux opérateurs énergétiques qui tireront des “profits indus” de la hausse des prix de gros de l’électricité sur le continent, à l’unisson avec l’Allemagne. La Commission européenne, de son côté, prépare son propre plan pour contenir la hausse des prix de l’électricité.
Plutôt qu’une taxe nationale sur les super bénéfices, la France soutient donc un mécanisme non fiscal et harmonisé au niveau européen, qui permettrait de récupérer une partie des bénéfices obtenus par les producteurs d’électricité renouvelable ou nucléaire qui produisent aujourd’hui de l’électricité à bas coût mais la revendent. à des prix records.
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Les prix européens de l’électricité, quel que soit leur mode de production, sont en effet corrélés au prix du gaz, qui a atteint des sommets historiques depuis la guerre d’Ukraine. “Cette contribution pourrait ensuite être reversée aux Etats pour financer leurs mesures nationales ciblées”, en faveur des ménages et des entreprises, de type bouclier tarifaire, a-t-il expliqué.
“Il n’y a aucune preuve de la nécessité” d’un troisième gazoduc entre la France et l’Espagne
Interrogé sur le projet Midcat, soutenu par Madrid et Berlin, d’un nouveau gazoduc entre la France et l’Espagne, le chef de l’Etat a déclaré ne pas voir “l’évidence” de la “nécessité” de ce troisième dispositif. En Europe, “il faut plus d’interconnexions électriques” mais “je ne suis pas convaincu qu’il faille plus d’interconnexions gazières, dont les conséquences, notamment sur l’environnement, et notamment sur l’écosystème, sont plus importantes”, a notamment expliqué .
Macron a rappelé que, pendant la période de stress de février, les deux gazoducs existants entre l’Espagne et la France sont utilisés à 53 % de leur capacité, et Paris exporte vers l’Espagne. En pleine “crise du gaz, nous ne saturons pas les branchements existants (…). Je ne comprends pas le problème à court terme que nous essayons de résoudre”, a-t-il déclaré.
Selon lui, “il n’y a pas de preuve de besoin, il n’y a pas de preuve aujourd’hui, il n’y a pas de preuve demain, il y a de vraies difficultés”. Et d’insister : « Investir aujourd’hui pour avoir un troisième gazoduc entre la France et l’Espagne répond à notre question ? Je ne pense pas. »
Les détracteurs du nucléaire “absolument inacceptables”[s] »
Enfin, sur l’état du parc nucléaire français, le président français s’est vigoureusement défendu, jugeant “il est absolument inacceptable que les personnes chargées des travaux d’entretien du parc installé puissent expliquer que nous n’avons pas assumé nos responsabilités”.
Le chef de l’Etat faisait référence, sans le nommer, à l’actuel PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, qui avait critiqué fin août, quelques semaines avant de quitter ses fonctions, le manque de vision stratégique à long terme de l’Etat nucléaire. Emmanuel Macron a rappelé avoir repoussé de dix ans l’échéance d’une réduction de 50% du nucléaire, affirmant avoir “redonné de la visibilité,[é] confiance dans le secteur [et] revenir[é] cibles ».
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Quant à la centrale de Fessenheim, « oui [les travaux de maintenance] s’ils avaient été faits correctement dans le reste du parc, nous n’aurions même pas cette discussion aujourd’hui ; ce n’est pas un problème, Fessenheim”, a balayé M. Macron. “Quand je vois les difficultés qu’il y a à maintenir ouvertes certaines usines, même si elles sont beaucoup plus récentes, ne venez pas me chercher à Fessenheim. Fessenheim, en quelque sorte, a-t-on dit à la messe, la décision stratégique avait été prise cinq ans plus tôt pour la plus ancienne centrale électrique du parc. C’était donc constant”, a-t-il ajouté.
Le monde avec l’AFP