Pour l’institution internationale, cette réforme devrait réellement contribuer à améliorer la situation.
La France doit commencer à redonner un aspect décent à la courbe de ses finances publiques et, par conséquent, mettre en place des réformes qui assurent une réduction des dépenses à long terme, recommande le FMI dans un rapport publié lundi. Une coïncidence du calendrier qui tombe plutôt bien, alors que le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a présenté les nouvelles règles de l’assurance-chômage.
Car, pour l’institution internationale, cette réforme doit réellement contribuer à améliorer la situation. “L’introduction d’une contracyclicité dans les allocations de chômage en faisant varier l’éligibilité et/ou la durée des allocations en fonction des conditions du marché du travail (…) renforcerait les incitations du marché du travail tout en générant des économies de coûts”, indique le rapport. Cette évolution – désormais largement sur la bonne voie – n’est bien sûr pas la seule citée par le FMI. En tête de liste figure toujours la réforme des retraites. Une “réforme globale qui devrait améliorer le taux d’activité des seniors en augmentant progressivement l’âge effectif de départ à la retraite, en améliorant l’équité et la pérennité du système, tout en tenant compte des situations particulières”, insiste le rapport, comme chaque année. Il cite aussi, comme source d’économies, la réduction des niches fiscales.
Facture explosive
Mais surtout, le FMI estime qu’il est temps d’en finir avec “tout ce qu’il faut”, travaillant d’abord pour soutenir les ménages et les entreprises pendant la crise du Covid, puis contrer les effets inflationnistes de la crise énergétique. Sans aucun doute, les initiatives du gouvernement ont permis de contenir la hausse des prix de “deux ou trois points” en dessous du niveau qu’elle aurait atteint sans mesures d’aide, reconnaît Jeffrey Franks, chef de la mission du FMI en France. Nous avons “le niveau d’inflation le plus bas d’Europe grâce au bouclier tarifaire”, a ajouté le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.
Mais tout cela – gel des prix de l’électricité et du gaz, chèques énergie, remises sur le prix du carburant, soutien aux entreprises – s’est fait au prix d’une facture explosive pour l’Etat. Rien que l’année dernière, le FMI l’a calculé à plus de 2 % de son PIB. Selon les données de Bercy, entre 2021 et 2023, environ 110 000 millions d’euros ont été engagés.
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Bref, la réponse au choc énergétique “a réussi à amortir son impact économique, mais elle coûte très cher”, résume le FMI. Dès lors, il est “justifié de commencer la consolidation budgétaire en 2023”. Or, ce n’est pas la voie empruntée par Paris, en ne prévoyant pas, dans cette période, une réduction du déficit : il atteindrait 5 % du PIB après 4,9 % cette année. Pour l’année prochaine, “les réajustements des prix du gaz et de l’électricité restent modestes”, note l’institution de Washington, qui appelle à un meilleur encadrement des personnes les plus touchées, mais évoque aussi, si nécessaire, un “report des baisses d’impôts de production”. “Nous ferons face à la courbe des finances publiques dès que l’inflation aura baissé”, répond-on à Bercy. Plus largement, le FMI note que Paris n’a pas pour objectif de revenir en dessous de 3% avant 2027, un horizon plus long que la plupart de ses voisins européens.
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