Au Chili, la nouvelle Constitution a été massivement rejetée par référendum, selon des résultats partiels

Les opposants au projet de nouvelle Constitution chilienne réagissent après avoir appris les premiers résultats du référendum, à Santiago, le 4 septembre 2022. CLAUDIO REYES / AFP

Le projet de changement social au Chili s’est arrêté. Les Chiliens ont massivement rejeté, dimanche 4 septembre, la proposition de nouvelle Constitution qui cherchait à remplacer l’héritier de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), selon des résultats partiels portant sur le dépouillement de 88 % des bulletins du référendum.

62% de l’électorat, soit près de 7 millions de personnes, ont fait échapper le vote “je refuse”, contre 4,2 millions (38%) en faveur de la mention “j’approuve” lors de ce référendum obligatoire.

Cette élection sans équivoque suspend, au moins temporairement, le processus d’une nouvelle Constitution entamé après le violent soulèvement populaire de 2019 qui réclamait plus de justice sociale.

Un premier référendum en octobre 2020 avait pourtant clairement appelé à la rédaction d’un nouveau texte fondamental (79%), considérant alors l’actuelle Constitution comme un obstacle à toute réforme sociale de fond. Mais le résultat d’un an de travail des 154 membres d’une Assemblée constituante, élus en mai 2021 pour rédiger la proposition, semble avoir ébranlé le conservatisme d’une partie importante de la société chilienne.

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Le projet de constitution voulait établir une galerie de nouveaux droits sociaux dans une société ultra-libérale, avec de fortes inégalités sociales, et cherchait à garantir aux citoyens chiliens le droit à l’éducation, à la santé publique, à la retraite et à un logement décent. .

L’inscription dans la pierre du droit à l’avortement, une question qui fait débat dans le pays où l’avortement n’est autorisé depuis 2017 qu’en cas de violation ou de danger pour la mère ou l’enfant, ou la reconnaissance de nouveaux droits pour les peuples indigènes people, a tendu les débats souvent houleux dans une campagne baignée dans un climat de désinformation.

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Le président chilien Gabriel Boric lors de son vote sur le projet de nouvelle Constitution, à Punta Arenas, le 4 septembre 2022. – / AFP

Ce rejet ne signifie pas le gel de toutes les réformes. Selon Cecilia Osorio de l’Université du Chili, “il y a un consensus sur le fait que la Constitution de 1980 n’est plus valable et qu’il faut passer à une autre” établissant de nouveaux “droits sociaux, politiques et économiques”.

“C’est une défaite pour la refondation du Chili”, a déclaré Javier Macaya, président du parti ultraconservateur UDI lors d’une conférence de presse. “Nous continuerons avec la volonté de poursuivre le processus constituant”, comme l’avait entrepris l’opposition.

Le président Gabriel Boric avait anticipé ce revers et annoncé qu’il demanderait au Parlement, en cas de vote contre, de lancer un nouveau processus constitutionnel à partir de “zéro”, avec l’élection d’une nouvelle assemblée constituante pour rédiger un nouveau texte.

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Le président de gauche élu en décembre 2021 a été parmi les premiers à voter, avec son père et son frère, dans la ville de Punta Arenas, à la pointe sud du pays, face au détroit de Magellan. “Au Chili, nous devons résoudre nos différends avec plus de démocratie, jamais avec moins. Je suis très fier d’être arrivé jusqu’ici”, a-t-il tweeté à cette occasion.

L’ancienne présidente Michelle Bachelet, qui vient de quitter son poste de haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme et reste très populaire dans le pays, a déclaré que si la nouvelle constitution est rejetée, “les revendications des Chiliens resteront insatisfaites”.

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Le monde avec l’AFP

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