La planète peut respirer, le béluga est hors de l’eau. Perdu depuis une semaine dans la Seine, son extraction a débuté dans la nuit de mardi à mercredi, selon la préfecture de l’Eure, qui pilote cette opération “extrêmement préparée” pour tenter de sauver le cétacé. “Nous aurons fait le maximum et le mieux possible”, a déclaré à la presse la secrétaire générale de la préfecture de l’Eure, Isabelle Dorliat-Pouzet.
Cette opération, lancée peu avant 22 heures avec l’entrée en action d’une vingtaine de plongeurs et la mobilisation d’un total de 80 personnes, n’a pas été “gagnée d’avance”.
Déplacement de béluga : Des plongeurs pompiers sont à l’eau. pic.twitter.com/0FpIJIoHDs
— Sea Shepherd France (@SeaShepherdFran) 10 août 2022
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Sur une photo de l’ONG Sea Shepherd France, présente sur le site, on a vu un filet déployé dans la rivière, les plongeurs à gauche et l’animal à droite. Le cétacé, retenu depuis vendredi dans une écluse sur la Seine à Saint-Pierre-la-Garenne, à environ 70 km de Paris, sera placé dans “une sorte de hamac” puis dans un camion frigorifique qui le transportera hors de la l’eau, “sur de la paille ou un autre élément de confort”, à destination de la côte.
Trois jours d’observation prévus
Un bassin d’eau de mer, dans une écluse du port de Ouistreham (Calvados), a été mis à disposition pour recevoir l’animal, qui y restera trois jours, “le temps que nous organisions son rapatriement vers le large et que” nous sommes observant son état de santé », selon le sous-préfet. Mardi, le béluga se nourrissait encore “très peu” et son état de santé était “stable”.
“Aujourd’hui est un grand jour pour ce béluga et pour toutes les personnes impliquées dans son sauvetage”, a déclaré Sea Shepherd. “Il sera sorti de l’eau et transporté dans un bassin d’eau salée où il sera surveillé et soigné, avec l’espoir que sa maladie sera guérissable. Ensuite, il sera relâché dans la mer, avec les meilleures chances de survie, ” ajoute Sea Shepherd. L’ONG a évoqué “un parcours du combattant” pour gérer une situation “encore inédite en France et à laquelle personne n’est préparé”.
Risque de stress
Un membre de l’équipe du Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes), arrivé lundi soir dans le plus grand zoo marin d’Europe, a estimé auprès de l’AFP que l’opération était “hors du commun”, notamment en raison du site.
Les berges de Seine “ne sont pas accessibles aux véhicules” à cet endroit et “tout doit être transporté à la main”, a expliqué Isabelle Brasseur. Pour le spécialiste, “la priorité est de le remettre à l’eau de mer”.
Cette opération délicate pourrait provoquer un stress chez ce cétacé, “qui est un facteur de mort ou d’inconfort pour l’animal”, même pour ceux qui sont “en très bon état”, a-t-il souligné. Une fois acheminé par camion frigorifique à Ouistreham, l’animal doit y être déposé pendant trois jours dans une écluse à eau de mer, au moment des soins.
Il faudrait alors l’emmener en haute mer pour y être relâché “assez loin des côtes” et “laisser la nature reprendre ses droits”, a estimé Isabelle Dorliat-Pouzet. L’émotion suscitée par le sort de l’animal a provoqué une vague de dons, minimisant le coût de cette tentative de sauvetage.