La Première ministre, Elisabeth Borne, s’exprime à la tribune de l’Assemblée nationale, le 19 octobre 2022. JULIEN MUGUET POUR “EL MÓN”
Cinq minutes de discours pour clore sept jours de débat. En s’avançant à la tribune de l’Assemblée nationale, à 17h39, mercredi 19 octobre, la Première ministre, Elisabeth Borne, vient d’enregistrer la fin d’un faux suspense dans un Hemicicle plein de monde. « J’engage la responsabilité de mon gouvernement sur la première partie du projet de loi de finances [PLF] », annonce sobrement le locataire de Matignon. Sans majorité absolue, Mme Borne vient de déchaîner le premier 49.3 de cette 16e législature.
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Face à cela, les oppositions de la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (Nupes), de la Concentration nationale (RN) et du parti Les Républicains (LR), qui avaient annoncé cet été leur intention de rejeter le budget, continuent d’interrompre et de vilipender . elle “Le texte que je vous présente aujourd’hui n’est pas la copie du projet qui vous a été présenté initialement”, se défend-il. Si la version finale comprend 117 amendements, une écrasante majorité vient du camp présidentiel.
Mais au moment où le chef du gouvernement évoque le 49.3 – cet article de la Constitution qui permet d’approuver un texte sans vote – tous les députés des Nupes décident dans un même mouvement de se lever et de quitter l’Hémicicule. Après ce coup d’État organisé, ils s’empressent de dénoncer le “coup d’État antidémocratique” de l’exécutif devant les journalistes réunis dans la salle des Quatre Colonnes. A quelques mètres de là, Elisabeth Borne termine son discours en saluant “un budget conforme aux engagements pris avec les Français” tout en défendant un “choix de la responsabilité”, sous les applaudissements des élus de la majorité.
“Une farce de démocratie” et un “aveu de faiblesse” martèle la cheffe de file des députés d’Europe Ecologie-Les Verts, Cyrielle Chatelain, entourée de tous les leaders de la coalition de gauche.
Alors qu’Elisabeth Borne termine son discours dans lequel elle annonce qu’elle se référera à l’article 49.3 de la Constitution sur la première partie de la loi de finances, les derniers députés de gauche quittent l’Hémicicule, à l’Assemblée nationale, le 19 octobre 2022. JULIEN MUGUET POUR “EL MÓN”
Bataille de communication
Pour les opposants au gouvernement et les élus macronistes, ici se cristallise la bataille communicative entamée en plein été. Chaque partie retourne la responsabilité de l’utilisation de 49.3. “Les oppositions ont décidé, avant même d’avoir le texte entre les mains, qu’elles ne le voteraient pas”, a rappelé le rapporteur général (Renaissance) du budget, Jean-René Cazeneuve, estimant qu'”elles s’enfermaient dans une position politique “. .
Le rapporteur général de la commission des finances, Jean-René Cazeneuve (Renaissance, Gers), s’entretient avec des journalistes dans la salle des Quatre-Colonnes, à l’Assemblée nationale, le 19 octobre 2022. JULIEN MUGUET POUR « EL MÓN »
Quelques secondes après avoir terminé le discours d’Elisabeth Borne, les 151 députés de gauche ont été les premiers à présenter leur motion de défiance. Dans son texte, le Nupes considère que “ce recours au 49.3 atteste de la fragilité politique du gouvernement, illustre le mépris de la représentation nationale et confirme l’impasse de l’exécutif”. Alors que dans son discours aux parlementaires, Elisabeth Borne a affirmé avoir “examiné, loyalement, toutes les propositions, toutes les idées”, Nupes estime que ce 49.3 incarne surtout “le refus du gouvernement d’écouter l’opposition”.
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