Coupe du monde 2022 : Au Qatar, la course de l’Allemagne est interrompue, une nouvelle fois

L’entraîneur allemand Hans-Dieter Flick serre la main de son joueur Kai Havertz après la victoire de son équipe contre le Costa Rica à Al-Bayt, au Qatar, le 1er décembre 2022. FRANCK FIFE/AFP

Il n’y a pas si longtemps, l’Allemagne, au début d’une Coupe du monde, était assurée d’une place de finaliste ou, au pire, d’une place en quart de finale. La Nationalmannschaft tomba parfois, mais jamais de très haut. Il était fiable comme ses berlines, magnifiquement arrogant et toujours là. Mais les clichés ont survécu et nous devons accepter un cadeau où le quadruple champion du monde trébuche dans l’entrée pour la deuxième fois consécutive après 2018.

Dans leur malheur, les Allemands ont fait un heureux : l’Espagne. Dans le groupe E, le sort des deux puissances européennes était lié avant cette dernière journée. Les joueuses de Hansi Flick ont ​​battu le Costa Rica (4-2), jeudi 1er décembre à Al-Bayt, dans un match arbitré par la Française Stéphanie Frappart, pour la première fois en Coupe du monde féminine. Problème, quelques kilomètres plus au sud, à Doha, La Roja a trébuché contre le Japon (1-2). Avec six points, les Japonais terminent en tête, l’Espagne est deuxième devant la Nationalmaanschaft pour une meilleure différence de buts (+6, contre +1).

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Le “sauveur” espagnol s’appelle Kai Havertz, un jeune homme d’Aix-la-Chapelle. A la 70e minute, la foudre s’abat sur le Vieux Continent. Malgré une domination presque indécente et face à une équipe qui attaquait à deux, l’Allemagne a réussi à accrocher un deuxième but sur une tentative ratée de son gardien Manuel Neuer, touché par une relégation. Avec un 2-1, le Costa Rica est alors en huitièmes de finale. Les Ticos ont eu trois minutes pour se pincer, pas plus, avant que l’égalisation de Havertz n’entre en jeu. L’attaquant de Chelsea assure indirectement la qualification espagnole avec un troisième but, que le journal Marca doit remercier pour un “Gracias” pas si ironique que ça.

“Danke”, “merci”, mais surtout au revoir. Un autre prétendant allemand, Niclas Füllkrug, marque un beau but d’honneur dans les arrêts de jeu et donne de l’eau au moulin des nostalgiques pour retrouver un vrai numéro 9 de l’équipe nationale. Champion du monde en 2014 grâce à une révolution culturelle basée sur un jeu moins direct, plus sophistiqué et très inspiré de celui de… L’Espagne, l’Allemagne produisent de bons manieurs de balle : Sané, Gnabry, Kimmich, Gundogan, sans oublier la pépite Jamal, 19 ans. Musiala, mais ne sait plus être froid, réaliste et impitoyable. Comme Beckenbauer, Breitner, Matthäus ou, dans un passé plus récent, Hummels l’ont été en leur temps.

A dix-huit mois de l’organisation de “leur” Championnat d’Europe, la relégation attend une équipe également éliminée en huitièmes de finale du dernier Championnat d’Europe par l’Angleterre. “Je ne pense pas que l’Allemagne soit devenue une équipe de deuxième division, que nous ne soyons plus une équipe pour les grands tournois”, confie pourtant l’homme le plus populaire de la soirée madrilène : Kai Havertz. Moins détaché, le vétéran Thomas Müller a accusé le coup porté au micro de la chaîne AR, évoqué “une catastrophe absolue” et confié son “sentiment d’impuissance” après cette sélection numéro 121 qui pourrait être la dernière pour lui.

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