Furieux contre Pelosi, Pékin lance de grandes manœuvres autour de Taïwan

Le ministère a déclaré que l’armée taïwanaise avait tiré une fusée éclairante dans la nuit de mercredi à jeudi pour effrayer un drone survolant l’île de Kinmen, située à seulement 10 km de la ville de Xiamen, sur la partie continentale de la Chine. Il n’a pas précisé de quel type de drone il s’agissait ni d’où il venait.

Pour Pékin, ces exercices – en plus d’autres, plus limités, entamés ces derniers jours – sont “une mesure nécessaire et légitime” après la visite de Mme Pelosi.

“Ce sont les Etats-Unis qui sont le provocateur et la Chine est la victime. La Chine est en état de légitime défense”, a déclaré à la presse la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying.

Les exercices visent à simuler un “blocus” de l’île et comprennent “l’assaut de cibles en mer, la frappe de cibles terrestres et le contrôle de l’espace aérien”, a indiqué l’agence de presse officielle Xinhua.

Si l’hypothèse d’une invasion de Taïwan, peuplée de 23 millions d’habitants, reste improbable, elle s’est amplifiée depuis l’élection en 2016 de l’actuelle présidente Tsai Ing-wen.

Issue d’un parti indépendantiste, Mme. Tsai, contrairement au gouvernement précédent, refuse de reconnaître que l’île et le continent font partie d'”une seule Chine”.

“forte escalade”

Les visites de responsables et de parlementaires étrangers ont également augmenté ces dernières années, provoquant la colère de Pékin.

En réponse, la Chine du président Xi Jinping, qui se veut intraitable sur les questions de souveraineté, cherche à isoler diplomatiquement Taïwan et exerce une pression militaire croissante sur l’île.

Résultat : le détroit de Taïwan devient le théâtre de tensions dangereuses entre les États-Unis, les autorités taïwanaises et les autorités chinoises, contraintes de projeter une image d’intransigeance à l’approche du congrès du Parti communiste chinois (PCC).

Organisé à l’automne, ce congrès verra, sauf cataclysme, Xi Jinping réélu à la tête de l’organisation pour un troisième mandat.

Cependant, la Chine ne veut pas que la situation actuelle dégénère, ont indiqué des experts à l’AFP.

“Une guerre accidentelle” déclenchée par un incident “est la dernière chose que souhaite Xi Jinping” avant le congrès du PCC, a déclaré Titus Chen, professeur de sciences politiques à l’Université nationale Sun Yat-Sen de Taïwan.

Amanda Hsiao, analyste chinoise au groupe de réflexion International Crisis Group, note cependant que ces exercices “représentent une escalade marquée de la norme des activités militaires chinoises autour de Taïwan et la dernière crise dans le détroit de Taïwan en 1995-1996”.

Et “ce faisant, Pékin indique qu’il rejette toute souveraineté” des autorités taïwanaises sur l’île, souligne-t-il.

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