Où le Razoni accostera-t-il ? Le premier navire céréalier parti d’Odessa le 1er août, grâce aux accords signés entre la Russie et l’Ukraine, n’est pas arrivé dimanche dans le port libanais de Tripoli comme initialement prévu. Alors qu’il était censé être le symbole de la reprise des exportations de céréales ukrainiennes, le navire reste immobilisé, lundi 8 août, devant les côtes turques. Samedi, l’ambassade d’Ukraine au Liban, interrogée par l’AFP, s’en tenait à ce simple message : “Nous tenons à vous informer que l’arrivée prévue demain du navire Razoni a été reportée”.
Quel transport “Razoni” lui ?
Le navire a quitté le port d’Odessa le 1er août avec 26 000 tonnes de maïs ukrainien à destination du Liban. La cargaison a été inspectée par le Centre conjoint de coordination lors d’une escale à Istanbul, conformément aux exigences de Moscou, afin de s’assurer que les navires à destination ou en provenance d’Ukraine ne contiennent que du grain. Le cargo s’est dégagé avec succès et a repris son voyage vers Tripoli le 3 août.
L’ambassade d’Ukraine à Beyrouth s’était félicitée de l’arrivée imminente du navire pour “aider à atténuer la crise alimentaire que traverse actuellement le Liban”. Le déchargement de toutes les marchandises devrait prendre “environ 10 jours”, selon un document consulté par Les Echos.
Pourquoi n’a-t-il pas atterri au Liban comme prévu ?
Il aurait dû accoster dimanche à Tripoli, au Liban, mais le Razoni est arrêté au large des côtes turques. Selon l’ambassade d’Ukraine au Liban, “l’acheteur final au Liban a refusé d’accepter la cargaison en raison du retard des délais de livraison (cinq mois)”. “L’expéditeur cherche donc un autre destinataire. Cela pourrait être au Liban ou dans un autre pays”, explique l’ambassade, qui a dû annuler la cérémonie prévue pour célébrer l’arrivée du cargo.
“Les marchandises seront mises en vente à qui voudra les acheter, pas forcément au Liban”, a confirmé aux Echos Ahmad Tamer, directeur du port de Tripoli.
L’accord russo-ukrainien est-il en cause ?
Non, les exportations continuent. Outre le Razoni, sept autres navires ont navigué depuis la signature de l’accord. Trois cargos céréaliers ont quitté l’Ukraine vendredi 5 août. Comme les Razoni, ils transportent du blé, mais à destination de l’Irlande, de l’Angleterre et de la Turquie.
L’un d’eux, le cargo turc Polarnet, a également atteint sa destination finale en Turquie, avec 12 000 tonnes de maïs, a annoncé le ministère ukrainien des Infrastructures dans un communiqué. “Cette première expérience réussie nous permet d’être optimistes quant aux perspectives d’avenir”, a commenté le ministre Oleksandre Kubrakov.
Quatre autres navires ont quitté les ports ukrainiens dimanche. Trois des cargos ont quitté Chornomorsk, le dernier d’Odessa. Ils contiennent à eux deux “environ 170.000 tonnes de marchandises liées à l’agriculture”, selon le ministère. Les autorités ukrainiennes espèrent que d’ici deux semaines, trois à cinq navires pourront partir quotidiennement.