Jiang Zemin juste avant son discours au 14e Congrès du PCC à Pékin le 12 octobre 1992. MIKE FIALA / AFP
Président de la Chine de 1993 à 2003, Jiang Zemin est l’homme que Deng Xiaoping a nommé après les événements de la place Tiananmen en 1989. Contre toute attente, l’apparatchik de Shanghai, décédé le 30 novembre dans sa ville, à l’âge de 96 ans, a nommé Secrétaire général du Parti communiste (PCC) en juin de la même année, va consolider son pouvoir et devenir à son tour une éminence grise de la politique chinoise.
Ces dernières années, l’ombre de Jiang Zemin n’a cessé de planer sur les mystères de Pékin, comme si sa “retraite” avait toujours été incomplète. Au départ, “Shanghai” était largement soupçonné d’avoir conspiré pour placer ses hommes auprès de son successeur, Hu Jintao (2003-2013), dont il a entravé les deux premières années au pouvoir en restant à la tête de l’armée, plus précisément de la Commission militaire centrale. , ou CMC.
Donné mort par la presse internationale en 2011 à la suite de rumeurs persistantes sur son état de santé, il va réinvestir massivement l’année suivante dans des manœuvres en coulisses, à commencer par l’affaire Bo Xilai, ce scandale qui mêle corruption, meurtres et luttes politiques. impitoyable qui a profondément ébranlé le parti et perturbé la transition vers le sommet en 2012. Zemin a toujours été l’un des parrains naturels contre la faction de la Ligue de la jeunesse incarnée par Hu Jintao et, aujourd’hui, Li Keqiang, le premier ministre sortant.
Président cosmopolite
Depuis que Xi Jinping, également “fils de prince”, a pris la présidence en 2013, l’influence présumée de Jiang Zemin, ou celle de ses collègues, est restée l’objet de spéculations, au point de susciter des critiques à peine voilées auprès des médias officiels du parti. en 2015. L’ancien secrétaire général, alors octogénaire, se distingue par des apparitions soigneusement mises en scène qui ne sont jamais anodines dans un monde politique chinois opaque. Il rencontre par exemple Henri Kissinger en 2013 et Vladimir Poutine en 2014, lors de leurs passages à Shanghai.
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Mais, contrairement à l’image douce et impériale que tente de projeter Xi Jinping, Jiang Zemin a aussi laissé le souvenir d’un président cosmopolite, bien plus spontané et décomplexé que ses deux successeurs. Cela nourrit dans la blogosphère un courant de nostalgiques, les “Toad fans” – un des surnoms de Jiang – qui aiment les excentricités de l’ancien secrétaire général. Ce grand amateur de chant – de Love me Tender, d’Elvis, chanté aux Philippines en 1996, aux mélodies d’opéra – est connu pour s’être baigné sans complexe dans la mer Noire devant des photographes, ou pour s’être laissé aller à des éclats grandiloquents saupoudrés de diatribes dans L’anglais face à la presse. En 2000, il accorde une interview à Mike Wallace pour « 60 Minutes », l’émission de la chaîne américaine CBS, un exercice auquel aucun secrétaire général n’ose participer après lui.
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