C’est fou”. L’adjectif est abusé, entre exaltation (au sens de “formidable”, “extraordinaire”), démence légère (“extravagant”, “irrationnel”) et dégénérescence cérébrale (“fou”, “fou”). Le mot “démence” fait peur. Un proche « a perdu la tête », préfère-t-on dire pudiquement, au lieu de nommer la maladie : la démence.
Parfois, avec moins de pudeur, le diagnostic est annoncé : « Il a la maladie d’Alzheimer. Ce n’est qu’une forme de démence parmi d’autres, mais c’est, certes, la forme la plus courante. Cette maladie est à l’origine de 60 à 70 % des cas.
En général, la démence est caractérisée comme un syndrome dans lequel la fonction cognitive (la capacité à effectuer des opérations de pensée) est altérée. Elle peut affecter tous les aspects de la vie quotidienne, comme la mémoire, le raisonnement, l’orientation… le langage, et s’accompagne parfois de troubles du contrôle émotionnel ou du comportement social.
Elle court, elle court, folle
Priorité de santé publique pour l’Organisation mondiale de la santé, la démence touche 50 millions de personnes dans le monde, avec près de 10 millions de nouveaux cas chaque année. En 2030, l’OMS estime que le nombre total de personnes atteintes de démence atteindra 82 millions ; 152 même d’ici 2050. Cette augmentation est largement due à la croissance du nombre de cas dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Une maladie de plus en plus précoce
Ce n’est pas seulement une conséquence inévitable du vieillissement, même si l’âge est le plus grand facteur de risque connu. La maladie ne touche pas que les personnes âgées. De plus en plus de personnes développent une démence dite “précoce”, c’est-à-dire les premiers symptômes avant l’âge de 65 ans. Aujourd’hui, ils sont 9 %.
200 000 Belges
Toutes les quatre secondes, une personne dans le monde reçoit un diagnostic de démence. En Belgique, le nombre de personnes atteintes de démence a dépassé les 200.000 cas depuis 2020. Mais au-delà des malades, la maladie touche beaucoup plus de personnes : famille et proches sont appelés à prendre en charge les malades, qui vivent dans les 70 % des cas en Belgique. Belgique. loger
Plus de femmes que d’hommes
Aujourd’hui, les femmes âgées ont un risque 50 % plus élevé que les hommes de développer une démence, et en particulier la maladie d’Alzheimer. Cette inégalité s’explique par certains facteurs de risque accrus chez les femmes après la ménopause, comme les maladies cardiovasculaires (dont les accidents vasculaires cérébraux). La reconnaissance des symptômes des accidents cardiovasculaires et leur prise en charge sont également moins bonnes chez les femmes.
D’autres facteurs sont évoqués, comme une plus grande longévité chez les femmes, pour une maladie dont le risque augmente avec l’âge. Mais certains facteurs génétiques sont également évoqués.
Par ailleurs, des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Paris, en collaboration avec l’University College London, ont montré dans une publication dans The Lancet Public Health que grâce à un meilleur accès à l’enseignement supérieur, certaines capacités cognitives se sont améliorées chez les femmes des dernières générations. Sachant que la génération actuelle de personnes très âgées est née dans les années 1920 et 1940, à une époque où peu de femmes avaient accès à l’enseignement supérieur, les auteurs estiment que le rattrapage de ces inégalités pourrait avoir un impact sur les inégalités de genre face à risque. de démence
Un café?
Pour les proches, pour les professionnels de la santé, pour tous ceux qui veulent échanger sur le sujet, la Ligue Alzheimer organise des Cafés Alzheimer depuis 2003. Il en existe aujourd’hui 70 à Bruxelles et en Wallonie. Des informations peuvent être obtenues ici.
Le 21 septembre, à l’occasion de la Journée mondiale Alzheimer, une nouvelle commune rejoindra les 47 autres communes belges du réseau « Ville Amie Démence », notamment celles qui ont signé une Charte garantissant une qualité de vie aux patients : la ville de Bruxelles mettra en lumière les initiatives qu’elle a prises pour favoriser l’inclusion des personnes touchées par la maladie d’Alzheimer.