Le parti post-fasciste Fratelli d’Italia, dirigé par Giorgia Meloni, a remporté les élections législatives de dimanche en Italie, un événement sans précédent depuis 1945, selon les sondages.
La participation a fortement chuté aux élections législatives de dimanche en Italie, où le parti post-fasciste Fratelli d’Italia, dirigé par Giorgia Meloni, est arrivé en tête, un exploit sans précédent depuis 1945, selon les sondages.
Selon le ministère de l’Intérieur, la participation était de 50% à 19h00, huit points en dessous des élections législatives de 2018.
La baisse est particulièrement marquée dans les régions du sud de la péninsule (-12 points), qui avaient massivement contribué à la victoire il y a quatre ans du Mouvement 5 Etoiles, formation antisystème mais créditée d’avoir institué en 2019 un “minimum citoyen “. revenu” pour les plus pauvres.
Chambre des députés et Sénat
En restant dans l’opposition à tous les gouvernements successifs depuis les élections législatives de 2018, Fratelli d’Italia (FdI) s’est imposée comme la principale alternative, passant de 4,3 % il y a quatre ans à près d’un quart des voix (entre 22 et 26) . %), selon les premiers sondages, devenant ainsi le premier parti du pays.
La coalition qu’elle forme avec l’autre parti d’extrême droite, la Ligue de Matteo Salvini, et Forza Italia, le parti conservateur de Silvio Berlusconi, recueillerait jusqu’à 47% des voix et avec le jeu complexe des circonscriptions, devrait assurer une absolue absolu. majorité des sièges à la Chambre des députés et au Sénat.
Si ces résultats se confirment, le FdI et la Ligue remporteraient conjointement “le pourcentage de voix le plus élevé jamais enregistré par les partis d’extrême droite dans l’histoire de l’Europe occidentale de 1945 à nos jours”, note le Centre italien d’études électorales (CISE). .
La formation fondée fin 2012 par Giorgia Meloni avec des dissidents du berlusconisme devance le Parti démocrate (PD) d’Enrico Letta, qui n’a pas réussi à obtenir un vote utile pour bloquer l’extrême droite et n’a recueilli que 17 voix contre 121 %.
“Ecrire l’Histoire”
Fratelli d’Italia doit son succès autant aux promesses non tenues de ses adversaires et au vent “d’autorisation” qui souffle sur la péninsule qu’au charisme de son leader.
Ce Romain de 45 ans qui, jeune militant, prétendait admirer Mussolini, a réussi à diaboliser son image et à unir en son nom les peurs et la colère de millions d’Italiens face à la hausse des prix, au chômage, aux menaces de récession ou négligence des services publics.
“Vous pouvez aider à écrire l’histoire aujourd’hui”, a-t-il tweeté dimanche à ses abonnés.
Quel que soit le gouvernement italien issu de l’élection, qui n’entrera en fonction que fin octobre au plus tôt, son chemin s’annonce déjà semé d’embûches et peu de marge de manœuvre. Elle devra notamment gérer la crise provoquée par une inflation galopante, alors que l’Italie s’enfonce déjà sous une dette qui représente 150% du PIB, le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce.
Dans ce pays à l’instabilité gouvernementale chronique, les experts s’accordent déjà sur la courte espérance de vie de la coalition victorieuse, un mariage de raison entre trois alliés aux ambitions concurrentes.
Giorgia Meloni, sans expérience gouvernementale hormis un bref passage au ministère de la jeunesse (2008-2011), aura fort à faire pour gérer ses alliés encombrants et bien plus expérimentés : Silvio Berlusconi a été plusieurs fois chef du gouvernement et Matteo Salvini , ministre de l’Intérieur et vice-Premier ministre.
Dans le dossier ukrainien, l’Europe et les alliés de l’Italie membre de l’Otan vont également scruter la répartition des portefeuilles entre les trois partis. Car si Giorgia Meloni est atlantiste et soutient les sanctions contre Moscou, M. Salvini est contre.