Ligue 1 – Un style moderne et offensif : l’OM affronte Igor Tudor

2017. Cela faisait un peu plus de cinq ans que l’OM s’était imposé d’au moins 5 buts en Ligue 1. Et face à ce Marseille en mode exécution pour son retour après la pause, c’est Toulouse qui a été victime. Une victoire 6-1 dans un Vélodrome étouffant, que les hommes d’Igor Tudor ont remporté avec brio et grâce à une activité offensive de plus en plus plaisante. Intensité, sacrifice et projection : le cocktail gagnant de cette 16e journée de Ligue 1, c’est avant tout ce qu’Igor Tudor tente de composer, avec succès (actuellement 3e du championnat) mais pas toujours (hors Ligue des champions à cause des poules). ).

D’ailleurs, lorsque l’entraîneur croate est arrivé dans le sud de la France cet été, il n’a pas mis longtemps à comprendre ce qu’il avait en tête. Non, Igor Tudor n’est pas venu pour se vanter ou avec beaucoup de sympathie, mais avec l’attitude de quelqu’un qui sait ce qu’il veut et qui se soucie de son image. L’histoire entre l’OM et Tudor a aussi commencé par une préparation intense où les bases d’un jeu basé sur l’effort ont été posées. “Je veux un football offensif et intense, mais pas au détriment de la défense. Mon principal objectif quand les gens viennent au stade, c’est qu’ils ne soient pas déçus… Il y aura une part d’Italie en moi“, a-t-il lâché avant le début de la saison.

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Le style de jeu voulu par le Croate marquait une rupture avec celui de Sampaoli avant lui. S’appuyant bien plus sur la possession, l’entraîneur argentin ne s’en est pas mal tiré et a terminé à la deuxième place du championnat, synonyme de qualification pour la Ligue des champions.

Défense solide et transitions : les clés du football moderne ?

Le “style” Tudor ne sera pas longtemps en vogue à Marseille et sur la pelouse du championnat. Une victoire en ouverture (4-1) contre Reims lors de la première journée était encourageante pour la suite. Grâce aux recrues choisies (Clauss, Tavares, Gigot, Mbemba, Sanchez) le plan de match s’est rapidement consolidé.

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C’est aussi grâce aux pistons, véritable tendance du football actuel, que l’Olympique de Marseille continue de montrer le visage d’un football offensif passionnant. Nuno Tavares et Jonathan Clauss font partie des grands succès de cette première partie de saison. Dans un 3-4-2-1, les Français et les Portugais éclatent le jeu de la transition. Jamais en réserve, au contraire, les deux pistons se projettent rapidement vers l’avant pour centrer voire tenter leur chance et ça paye (5 buts et 7 passes décisives de leur part). Et maintenant, même un Sead Kolasinac confiant commence avec des bases d’intensité similaire.

Ce jeu de transition rapide, utilisé chez les plus grands clubs européens, est aussi rendu possible par un milieu de terrain généreux dans l’effort. Mattéo Guendouzi et Valentin Rongier incarnent ensemble l’arrivée du style Tudor. Les deux joueurs, présents sous Sampaoli, évoluent désormais au service du jeu de projection marseillais. Les deux Français galopent généralement pendant 90 minutes dans un sens ou dans l’autre. Même Guendouzi a été utilisé à plusieurs reprises en attaque, presque en arrière, marquant cet acharnement offensif mais surtout ne laissant jamais le temps à l’adversaire de se remettre.

Tavares lors de son but face à Toulouse.

Crédit : Getty Images

Si ce savant mélange fonctionne sur le gazon de la Ligue 1, c’est aussi parce que, offensif, le clan phocéen est rarement vu nu. Grâce à sa défense à trois, généralement centrée autour de Samuel Gigot, l’OM reste solide dans les phases défensives. Et c’est ce qui permet à l’équipe d’être le deuxième meilleur buteur de Ligue 1 (32 buts marqués), tout en ayant la 3e meilleure défense (14 buts encaissés).

Le succès dépend de l’efficacité

Avec 6 buts marqués en 7 tentatives contre le TFC jeudi, l’Olympique de Marseille a fait preuve d’une efficacité irréprochable. Et c’est là que réside le défi du style moderne recherché. C’est ce qui rend les hommes d’Igor Tudor si impressionnants, mais c’est aussi sans doute la cause de leurs déboires. La tête malheureuse de Sead Kolasinac lui coûte la qualification pour la finale de la Ligue des champions. Mais plus généralement, les Marseillais ont clairement manqué de réalisme offensif lors de leur campagne européenne. Finisseurs parfois, mais aussi créateurs et précision technique dans les 25 derniers mètres.

Durant la première partie de saison, Igor Tudor a choisi de se passer de Dimitri Payet. Le pari de se priver d’un joueur technique, capable de créer la foudre dans la partie opposée du terrain mais au profit de joueurs capables de répéter les efforts et les courses. Pourtant, face à Toulouse, le milieu offensif a montré une nouvelle fois qu’il avait sa carte à jouer. Devant, Alexis Sánchez est efficace et marque mais ce poste de faux numéro 9 n’est pas forcément celui où il est le plus à l’aise. Notamment parce que pour le servir, Mattéo Guendouzi a souvent des limites techniques et, de plus, le milieu de terrain international est dans le viseur de certains clubs pour le marché des transferts.

Luis Suarez, un avant-centre décevant est déjà parti, tout comme Gerson. Amine Harit, blessé, est déjà absent jusqu’à la fin de la saison. Alors quelles sont les solutions à venir ? Les performances de Cengiz Under sont toujours prometteuses mais trop erratiques, Bamba Dieng a besoin de rythme. A moins de sursauts au mercato d’hiver, l’OM devra embrasser ses atouts, en espérant que son efficacité servira le jeu.

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