Novak Djokovic, privé de l’US Open faute de vaccin contre le Covid-19

Novak Djokovic a annoncé jeudi 25 août qu’il ne pourrait pas participer à l’US Open 2022 car il ne peut pas se rendre aux États-Unis, faute de vaccination contre le Covid-19. MANU FERNANDEZ / AP

C’est la saga qui a marqué l’été des fans de tennis : Novak Djokovic participera-t-il à l’US Open ? Après des semaines de suspense, le verdict est tombé. Le Serbe ne sera pas à New York pour disputer le dernier gros match de la saison, du 29 août au 11 septembre.

Dans un tweet publié jeudi 25 août, deux heures avant le tirage au sort, Novak Djokovic a annoncé qu’il quittait le tournoi du Grand Chelem. “Malheureusement, cette fois, je ne pourrai pas me rendre à New York pour l’US Open. (…) Je vais rester en forme et garder une humeur positive jusqu’à ce que je puisse reprendre la compétition. »

Malheureusement, je ne pourrai pas me rendre à New York pour l’US Open cette fois-ci. Merci #NoleFam pour vos messages d’amour c’est… https://t.co/OUlcMzH17p

— DjokerNolé (@Novak Djokovic)

En cause, la position de l’actuel numéro 6 mondial en matière de vaccination contre le Covid-19. Le triple titulaire et finaliste en 2021 outre-Atlantique reste de marbre et refuse de se faire vacciner. « C’est le prix et je suis prêt à le payer. Prendre des décisions concernant mon corps est plus important que n’importe quel titre”, a-t-elle déclaré dans une interview à la BBC le 15 février. Si elle dit qu’elle n’est pas anti-vax, elle revendique “la liberté de choisir ce que vous mettez sur votre corps”.

Djokovic s’attendait à un assouplissement des règles

Un choix assumé qui l’entraîne dans d’âpres négociations avec les tournois anglo-saxons, qui maintiennent une politique stricte. Les États-Unis ne font pas exception et exigent un passeport vaccin pour entrer sur le territoire. Djokovic a attendu le dernier moment pour l’assouplissement des mesures formulées par les autorités sanitaires.

Sur le circuit, les avis divergent. Certains comprennent le choix des autorités américaines, d’autres le remettent en question. “J’étais aux États-Unis et il semblait que peu de gens suivaient les recommandations sanitaires. (…) Donc je ne vois pas pourquoi Djokovic n’a pas pu venir jouer”, a déclaré l’Australien John Millman, 104e au classement ATP, en sur son compte Twitter. De son côté, Daniil Medvedev, numéro 1 mondial et vainqueur de l’US Open en 2021, n’a pas hésité à soutenir le Serbe. « Je ne peux rien faire, c’est le gouvernement qui fixe les règles. était ma décision, je voudrais vraiment que Novak joue. J’aime quand les meilleurs joueurs du monde sont là. Il vient de gagner un Grand Chelem. J’adorerais le voir à New York. Même histoire avec John McEnroe. L’ancien gloire du tennis américain, connu pour sa franchise, s’exprimait dans une interview au journal espagnol Marca : “J’aurais été vacciné, à sa place, mais il faut respecter sa façon de penser. Il y a deux ans et depuis on vit avec le pandémie et ils ne le laissent pas participer, je considère cela comme une blague.”

Le scénario fait écho à la longue bataille juridique entre le joueur et le gouvernement australien en janvier. Arrestation administrative, expulsion et interdiction d’entrer sur le territoire : les discussions n’avaient pas tourné en faveur de Djokovic, qui a dû démissionner de l’Open d’Australie, où il était venu défendre son titre.

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Une peinture masculine rarement ouverte

Résultat, le nombre record de semaines passées en tête du classement ATP (373) lui fait perdre de précieux points, le retardant un peu plus dans sa course aux records qu’il mène désormais avec Rafael Nadal, alors que le Suisse prolonge absence du terrain Roger Federer.

Au nombre de tournois du Grand Chelem remportés, l’Espagnol a une longueur d’avance sur son rival serbe (respectivement 22 et 21 trophées), qui a un an de moins (35 ans). Mais peu se risqueront à enterrer Novak Djokovic trop vite. « Il est toujours très en forme physiquement et reste très loin de la fin de sa carrière. Il a réussi à rebondir après son expérience en Australie, il sait à quoi s’attendre”, confie l’ex-tennisienne tricolore Camille Pin. “Être exclu de ces compétitions le motivera davantage à en gagner d’autres. Il sait ce qui l’attend et elle sera même plus préparée pour l’avenir. Elle est à un tel niveau qu’elle va simplement créer un équilibre avec le reste des joueurs”, poursuit-il.

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Derrière lui, “Nole” laisse un boulevard à ses adversaires dans le tableau masculin, avec le Russe Daniil Medvedev en tête. Dans le sillage du numéro un mondial, la prometteuse nouvelle génération formée par Nick Kyrgios, Stefanos Tsitsipas ou Carlos Alcaraz sera décidément prête à en découdre. “Ce scénario est similaire à ce que nous avons vécu chez les femmes il y a quelques années. Des joueurs que nous ne pensions pas pouvoir tenter d’obtenir un titre ou une place dans un Grand Chelem, chose qui semblait inimaginable il y a quelques années. Ça change et c’est intéressant”, réagit Camille Pin.

Une quête du Graal et, surtout, une course à la première place du classement ATP. Là aussi, les candidats s’affrontent à la porte pour déloger Daniil Medvedev de son trône. Le Grec Tsitsipas et le Norvégien Casper Ruud (numéro 7 mondial) pourraient devenir les premiers joueurs de leur pays à devenir numéro un mondial. L’Espagnol Carlos Alcaraz (numéro 4), pourrait être le plus jeune joueur du circuit à s’emparer de la première place du classement depuis l’Australien Lleyton Hewitt, en novembre 2011.

Une chose est sûre, l’absence de Novak Djokovic va redistribuer les cartes dans le circuit masculin qui “a rarement été aussi ouvert”, souligne Camille Pin. Les paris sont placés.

Ludivine Ducellier

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