Perturbateurs endocriniens : les risques pendant la grossesse se précisent

Une nouvelle étude française vient alimenter le corpus d’indices qui objectivent un risque plus important pour les femmes enceintes exposées aux perturbateurs endocriniens.

Claire Philippat, chercheuse à l’Inserm, a coordonné cette étude portant sur 437 femmes de la région grenobloise (Isère), enceintes entre 2014 et 2017, et faisant partie de la cohorte SEPAGES, précisément créée pour étudier l’effet des polluants environnementaux chez les femmes enceintes et les enfants . Elle compare la présence de contaminants suspectés de perturber la production thyroïdienne, recueillis dans des échantillons d’urine, et les concentrations d’hormones thyroïdiennes dans le sang de ces femmes.

Altérations de la production d’hormones

“Les hormones thyroïdiennes sont particulièrement importantes dans la maturation du système nerveux central du fœtus”, précise Claire Philippat. Selon leurs résultats, il existe en effet des altérations de la production hormonale liées à l’exposition au bisphénol A, aux parabènes et aux phtalates. L’un des points forts de l’étude est d’avoir accès à plusieurs échantillons pour chaque femme, ce qui a permis de pallier les incertitudes des mesures d’exposition qui sont le talon d’Achille des études sur les perturbateurs endocriniens.

Si la première est bannie des emballages alimentaires depuis 2012, ces trois familles de molécules sont courantes, notamment les phtalates et les parabènes présents dans les cosmétiques et produits parfumés.

Quelles sont les conséquences et selon quelle exposition ? Il y a encore peu de résultats clairs. Une compilation d’études américaines suggère un lien entre les phtalates et un risque légèrement accru de grossesse prématurée.

Les produits de soin contenant des parabènes sont déconseillés

Une étude de 2021, également coordonnée par Claire Philippat, suggérait une association entre un cocktail de phénols et de phtalates, avec des troubles du comportement, notamment chez les filles. L’étude, qui inclut des enfants dès l’âge de 5 ans, se poursuivra avec ceux qui atteignent l’âge de 8 ans, dont la croissance sera également analysée.

En l’absence d’une interdiction plus globale de ces molécules communes, quelle prévention adopter ? “Il y a tellement de sources qu’il n’est pas facile de répondre, reconnaît le chercheur. Au moins, n’utilisez pas de produits cosmétiques et de soins de la peau contenant des parabènes. »

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