‘Qatargate’ : Emprisonnée pour corruption, Eva Kaili a scellé son sort jeudi soir

La justice belge doit dire en fin de compte si l’ancienne vice-présidente du Parlement européen peut être libérée de prison et placée sous surveillance électronique comme le demandent ses avocats.

La justice belge dira plus tard jeudi si Eva Kaili, mise en examen ce mois-ci dans une enquête pour corruption impliquant le Qatar, peut être libérée de prison et mise sous surveillance électronique comme le demandent ses avocats.

L’eurodéputée grecque de 44 ans, démise de ses fonctions de vice-présidente du Parlement européen le 13 décembre à la suite des premières révélations, a comparu jeudi matin lors d’une audition à huis clos devant la salle du conseil de Bruxelles.

A cette occasion, il a réaffirmé son innocence, ont indiqué ses avocats à la presse. Eva Kaili “est innocente et n’a jamais été corrompue”, a déclaré Michalis Dimitrakopoulos à la presse. Son confrère belge André Risopoulos a précisé qu’Eva Kaili, incarcérée depuis le 11 décembre, avait demandé à bénéficier d’une mise sous surveillance électronique. La chambre du conseil doit rendre sa décision en fin de journée, “probablement tard”, a ajouté Me Risopoulos, assurant que son client “participe activement à l’enquête”.

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Dans ce scandale qui a provoqué une onde de choc au Parlement européen et des tensions entre le Qatar et l’UE, Eva Kaili fait partie d’un quatuor de suspects emprisonnés après avoir été accusés d'”appartenance à une organisation criminelle”, de “blanchiment d’argent”. et “corruption”.

Le 14 décembre, il a été décidé de maintenir en prison Francesco Giorgi, collègue de l’eurodéputé socialiste, et l’ancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri, qui figurent également comme protagonistes du dossier. Un quatrième prévenu, Niccolo Figa-Talamanca, dirigeant d’une ONG, avait reçu ce jour-là un bracelet électronique, mais la mesure a été suspendue car les procureurs fédéraux ont fait appel.

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Une telle mesure accordée à Eva Kaili par la chambre du conseil pourrait également faire l’objet d’un veto du procureur.

Ancienne présentatrice de JT, devenue une figure controversée du Parti socialiste grec (Pasok-Kinal) – qui l’a exclue des premières révélations – Eva Kaili continue de nier avoir reçu de l’argent du Qatar pour influencer ses décisions politiques

Selon une source judiciaire belge, des sacs remplis de 150.000 billets en euros ont été découverts dans son appartement à Bruxelles. Mais Eva Kaili “ignorait l’existence de cet argent”, avait déjà précisé Michalis Dimitrakopoulos, selon qui Francesco Giorgi aurait “trahi la confiance” de son collègue.

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Un million et demi en espèces

L’enquête menée par le juge belge Michel Claise a donné lieu à une vingtaine de perquisitions en Belgique entre le 9 et le 12 décembre, dont les locaux du Parlement européen à Bruxelles.

Le père d’Eva Kaili a été détenu pendant 48 heures dans la capitale belge, tandis que l’épouse et la fille de Pier Antonio Panzeri, la cible d’un mandat d’arrêt européen, ont été détenues en Italie. Ils ont contesté leur retour en Belgique devant les tribunaux italiens.

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Les enquêteurs belges ont obtenu 1,5 million d’euros en espèces, selon la même source judiciaire. Outre les 150 000 euros découverts sur Eva Kaili, son père a été surpris avec une valise contenant 750 000 euros en liquide. Enfin, 600.000 euros ont été confisqués à la maison de Pier Antonio Panzeri, ancien élu socialiste au Parlement européen qui a fondé l’ONG Fight Impunity à Bruxelles en 2019, dont ils contrôlent désormais les trois années d’activité.

Le dirigeant syndical italien Luca Visentini, qui connaît Pier Antonio Panzeri, a admis cette semaine avoir reçu un don en espèces d’environ 50 000 euros de Fight Impunity, mais a déclaré qu’il n’était lié à aucune tentative de corruption ou de trafic de drogue. du Qatar Préoccupé par l’enquête, Luca Visentini, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI, en anglais), a été libéré sous contrôle judiciaire le 11 décembre après deux jours de garde à vue. Mercredi, il a été “suspendu” de son poste par l’instance dirigeante de la CSI.

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Au niveau diplomatique, le scandale ébranle les relations entre l’UE et le Qatar, qui a mis en garde contre un possible “impact négatif” sur l’approvisionnement en gaz. L’émirat, qui “rejette fermement” les allégations, a protesté contre un vote du 15 décembre au Parlement européen visant à suspendre l’accès aux “représentants des intérêts qatariens” pendant l’enquête.

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