“OK ! Pour des retraites qui valorisent le travail acharné. Plus de retraite pour ceux qui travaillent au-delà de la retraite anticipée. Vingt ans de travail effectif donnent accès à la retraite minimum. Celles qui allient travail et gestion familiale sont mises à jour”, a tweeté le Premier ministre Alexander De Croo à 00h35 du lundi au mardi soir. L’accord sera expliqué en détail à 9h30 lors d’une conférence de presse au Carrer de la Loi, 16.
Lundi soir, le Premier ministre avait convoqué une autre série de pourparlers bilatéraux, avant que les sept parties ne se réunissent vers minuit, mais il semble que la question ait été rapidement résolue.
Les grandes lignes de l’accord
L’un des points les plus compliqués des longues négociations qui ont mené à cet accord était l’accès à la pension minimale, que le gouvernement fédéral a déjà bonifié. Pour la première fois en Belgique, il est soumis à une condition de travail puisqu’il faudra désormais 20 ans de carrière effective, soit au moins 4/5 fois, pour y accéder.
Des dispositions transitoires, très discutées, seront mises en place pour laisser le temps à l’adaptation selon une grille de dégressivité. Aucun travailleur âgé aujourd’hui de 60 ans ou plus n’aura à satisfaire à une condition de travail effective. Le plan sur 20 ans s’appliquera aux personnes qui atteindront 55 ans en 2024.
Les conditions de travail effectives des travailleurs qui ont connu des périodes d’incapacité seront réduites. La mesure touche de nombreuses femmes, a insisté la ministre des Retraites, Karine Lalieux (PS). Les jours de congé de maternité, d’allaitement ou de soins palliatifs seront considérés comme du travail effectif.
Une nouvelle prime de retraite est introduite pour encourager les travailleurs à ne pas partir en retraite anticipée. Le montant exact de ce supplément sera déterminé à partir d’une analyse budgétaire qui sera réalisée dans les prochaines semaines par le Bureau d’urbanisme. Il est question d’une prime de 300 à 500 euros nets par année supplémentaire pour les personnes qui continuent à travailler au maximum trois ans après la date de préretraite.
L’un des objectifs poursuivis par Vivaldi était de réduire les inégalités entre les femmes et les hommes en matière de retraite. Ils sont pris en compte, garantissant que les personnes qui ont travaillé à temps partiel dans le passé – souvent des femmes – pour s’occuper de leurs enfants voient leur pension revalorisée.
Les réactions des partis majoritaires
Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) a souligné la valeur d’un travail efficace dans la réforme : “ceux qui travaillent efficacement voient leur carrière valorisée pour une meilleure retraite”, a-t-il dit.
Mme. Lalieux (PS), quant à lui, a conclu un “accord qui soutient l’emploi et les femmes”. “Après l’augmentation de la pension minimum, qui sera de 1.630 euros nets en 2024, la réforme des retraites est complétée par deux mesures positives, une prime avantageuse et une augmentation du travail à temps partiel dans le calcul de la pension minimum, qui augmentera le pouvoir d’achat des travailleurs et des femmes », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Ecolo, par l’intermédiaire du vice-Premier ministre Georges Gilkinet, a également insisté sur la situation des femmes. “Pour les écologistes, c’était une priorité de protéger au maximum les femmes et de leur ouvrir de nouveaux droits”, a-t-il dit, avant de se réjouir que le régime spécial de retraite du matériel roulant de la SNCB (évoqué un temps dans les pourparlers avec celui de l’armée ). avant d’être supprimé, ndlr) est conservé.
S’il s’est félicité de l’accord, le président Georges-Louis Bouchez a toutefois tenu une note plus critique. « Cette réforme des retraites ne va certes pas assez loin si nous voulons garantir le financement de notre modèle, mais c’est un pas important dans le bon sens avec une plus grande valorisation de l’effort : 20 ans de travail effectif pour le minimum retraite ! a-t-il déclaré sur Twitter.
Avec la clôture de ces discussions avant l’annonce définitive du 21 juillet, le gouvernement règle un dossier qui risque de miner considérablement les relations entre les partenaires.
Les détails seront présentés ce mardi à 9h30 lors d’une conférence de presse.