Sabam et Tomorrowland enterrent la hache de guerre

8 septembre 2022 Aujourd’hui à 16h41

La Sabam et Tomorrowland sont parvenues à un accord sur le mode de calcul des redevances à payer pendant le festival. Ils utiliseront désormais la technologie de reconnaissance automatique. Ce qui rend le processus beaucoup plus simple et plus juste.

Quelques semaines seulement après son dernier week-end de festival, Tomorrowland annonce déjà un nouveau partenariat crucial. Le communiqué ne révèle pas le nom de la prochaine tête d’affiche, mais un accord conclu avec la Sabam. Pendant des années, le célèbre festival électro et la société belge des droits d’auteur étaient en conflit. Ces derniers se sont affrontés sur la façon de percevoir les redevances pour les morceaux diffusés lors des « sets » du DJ.

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Jusqu’à présent, afin de récompenser les artistes, la Sabam demandait au festival une liste complète de tous les titres joués sur toutes les scènes, par tous les DJ. Il a ensuite déduit les montants des droits à percevoir. Ils étaient alors perçus sous la forme d’une somme forfaitaire dont le montant dépendait du produit brut de l’émission du billet. Cette façon de procéder n’était pas vraiment du goût du festival, qui a dénoncé le modèle de calcul et le montant final demandé par la Sabam.

“Le modèle sera aussi beaucoup plus juste, car il permettra une meilleure redistribution des sommes entre les différents ayants droit”.

Anne-Cécile Collignon

Porte-parole de la Sabam

Tomorrowland a contesté cette pratique entre 2013 et 2016, portant même l’affaire devant les tribunaux. Trois ans plus tôt, c’est la Sabam qui avait saisi la justice. Pour son édition 2010, Tomorrowland n’a versé des royalties que pour l’équivalent de 8 000 festivaliers, alors que 120 000 sont allés à Boom.

Réconcilié par empreinte digitale

Jeudi, les deux parties ont déclaré avoir trouvé une solution à leurs problèmes. Plus précisément, la technologie des empreintes digitales sera désormais utilisée. Ce dernier, globalement comparable à celui utilisé par l’application Shazam, parvient à reconnaître automatiquement chaque morceau de musique en cours de lecture. Ce qui permet de déduire automatiquement les redevances à percevoir. “Le modèle sera beaucoup plus juste et efficace, car il permettra une meilleure redistribution des sommes entre les différents bénéficiaires”, précise Anne-Cécile Collignon, porte-parole de la Sabam.

Pour Rudy Léonet, spécialiste de la culture et des musiques contemporaines à la RTBF, l’accord trouvé est historique. “Ce sont deux mondes qui en principe ne se parlent pas, il est très difficile de savoir ce que les DJs ont joué lors de leurs performances et donc impossible de récupérer les droits des auteurs de la musique qui fait danser Tomorrowland”, explique-t-il. . . “C’est un énorme manque à gagner pour les auteurs. Mais il y a là un accord qui va très, très loin entre la Sabam et Tomorrowland”, dit-il.

Technologie connue

“Nous n’avons aucun problème avec les autres festivals. Le principe du paiement des redevances s’applique évidemment partout.”

Anne-Cécile Collignon

Porte-parole de la Sabam

Cependant, la technologie utilisée n’est pas nouvelle. Tomorrowland l’utilise déjà en interne pour générer des statistiques, notamment sur la fréquentation des scènes, en fonction des titres joués. La Sabam utilise également les empreintes digitales pour analyser les titres diffusés à la radio. Par conséquent, l’arrivée de la solution peut sembler tardive. “La technologie n’est pas encore parfaite. Surtout dans les festivals où l’analyse se fait en son ‘live’ qui est plus difficile à identifier qu’à la radio”, précise le porte-parole. “Les améliorations techniques en ont progressivement fait une solution même si elle n’est pas encore totalement automatisée.”

Cependant, l’accord conclu ne devrait pas être étendu à d’autres festivals. “Cette solution a été trouvée car elle émane d’un conflit”, rappelle le communicant. “Nous n’avons aucun problème avec le reste des festivals. Des adaptations sont possibles selon l’organisation, mais en général, le principe du paiement des redevances s’applique évidemment partout. L’accord conclu pour y parvenir peut varier un peu d’un événement à l’autre”, a-t-il ajouté. “, a déclaré le porte-parole.

Le résumé

  • La Sabam et Tomorrowland ont annoncé la mise en place d’un partenariat sur le mode de calcul des redevances à payer.
  • La compagnie et le festival étaient en conflit sur la question depuis des années.
  • La solution trouvée repose sur la technologie des empreintes digitales, globalement comparable à celle utilisée par l’application Shazam.
  • La nouvelle façon de procéder sera plus efficace et équitable pour les artistes.

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