Revalorisation du Smic et des retraites, augmentation des performances du PEL, augmentation du prix du Navigo, préservatifs gratuits, interdiction de louer les logements les plus énergivores… De nombreux changements entreront en vigueur à partir du 1er janvier 2023.
Le début d’une nouvelle année marque traditionnellement de nombreux changements dans la vie quotidienne des Français. Et cette année ne fait pas exception, car le passage de 2022 à 2023 offre son lot de nouveautés. Logement, transports, emploi, santé, consommation, épargne… Voici toutes les évolutions réglementaires, les hausses de prix ou au contraire les petits coups de pouce attendus à partir du 1er janvier.
• Le Smic augmente de près de 25 euros net
Le salaire minimum sera augmenté. A partir du 1er janvier 2023, le salaire minimum augmentera de 1,8%, soit l’équivalent de 24,93 euros nets par mois. Il passera ainsi de 1329,05 euros par mois à 1352,97 euros. Cette augmentation automatique intervient après la confirmation des chiffres de l’inflation sur un an, en novembre, publiés par l’INSEE.
• Les retraites de base revalorisées
Les pensions augmenteront pour la troisième fois cette année. Après avoir gagné près de 1 % en janvier 2022 et 4 % en juillet, les retraites de base de la CNAV, CNRACL, CNAVPL, SRE ou ASPA augmenteront de 0,8 %. Cette augmentation devrait concerner 14 millions de retraités.
• Le bouclier tarifaire est reconduit
Pour atténuer la hausse des prix de l’énergie, le gouvernement a décidé de prolonger le bouclier tarifaire en 2023. Ainsi, la hausse des tarifs sera limitée à 15% pour le gaz en janvier et 15% pour l’électricité en février 2023. Et si ce plafond est levé. à partir de son niveau de 2022, fixé à 4%, il touchera d’ici 2023 “l’ensemble des ménages, des copropriétés, des logements sociaux, des petits commerces et des petites communes”.
Selon la Première ministre Élisabeth Borne, “ces augmentations devraient entraîner une augmentation moyenne des factures d’environ 25 euros par mois pour les ménages qui se chauffent au gaz, au lieu d’environ 200 euros par mois sans blindage tarifaire”. Pour les logements qui se chauffent à l’électricité, une moyenne de 20 euros par mois sera atteinte, au lieu de 180 euros par mois, sans blindage tarifaire.
• Carburant : 100 euros pour les plus modestes
Le 31 décembre 2022, à minuit, la réduction gouvernementale actuelle de 10 cents par litre de carburant prendra fin. Mais le prix du carburant restant élevé, le gouvernement a opté, comme prévu, pour des aides destinées à ce poste de dépenses en cette période d’inflation.
Pour en bénéficier, il faut posséder une voiture, avoir un emploi et appartenir aux cinq premiers déciles de revenus, soit les 50 % des Français les plus modestes qui possèdent une voiture. C’est le revenu fiscal de référence (RFR) de 2021 qui sera pris en compte : il doit être inférieur à 14 700 euros au cours de l’année.
A partir du 16 janvier 2023, un espace dédié sur le site gouvernemental impots.gouv.fr sera mis en ligne. Les futurs bénéficiaires devront renseigner leur numéro fiscal, le numéro d’immatriculation de leur voiture et déclarer sur l’honneur que cette aide servira à financer les déplacements entre leur domicile et leur travail.
Selon Matignon, cette aide devrait concerner au total 10 millions de personnes.
• Les frais de péage augmenteront
Mauvaise nouvelle pour les automobilistes. Si les plus modestes bénéficieront de la prime carburant, tous les automobilistes devront débourser plus pour passer les péages. A partir de février, le prix moyen à payer pour emprunter les différents tronçons d’autoroute du territoire augmentera de 4,75%.
Une augmentation significative qui s’explique par le contexte de forte inflation. “Les tarifs des péages autoroutiers sont révisés chaque année en février suivant une formule automatique liée au taux d’inflation”, précise le site. service-public.fr.
En 2022, ils avaient déjà augmenté de 2 %.
• Voiture partagée : bonus de 100 euros pour les nouveaux abonnés
Pour favoriser le covoiturage pour les déplacements domicile-travail, le gouvernement va verser une prime de 100 euros aux conducteurs qui s’engagent dans ce mode de transport partagé, à partir du 1er janvier 2023. Pour en bénéficier, les automobilistes devront effectuer un premier trajet collectif. en 2023, puis ils en effectueront neuf autres dans les trois mois suivants.
Ils recevront, via la plateforme de covoiturage sur laquelle ces trajets ont été effectués à plusieurs, deux versements. Le premier de 25 euros sera effectué au plus tard trois mois après le premier voyage.
Un second versement de 75 euros sera effectué au plus tard trois mois après le 10ème trajet en covoiturage. Cette prime sera versée en espèces ou sous forme de bons pour des produits de consommation courante.
• Le bonus écologique passe de 6000 à 7000 euros
L’exécutif veut rendre la voiture électrique plus accessible. Pour ce faire, le président a annoncé une augmentation de la prime écologique réservée aux nouveaux acquéreurs de véhicules électriques. A partir du 1er janvier 2023, son montant passera de 6 000 à 7 000 euros pour la moitié des ménages les plus modestes qui investissent dans une voiture de ce type.
Ce bonus est valable pour les véhicules vendus moins de 47 000 euros, qu’il s’agisse de compactes électriques ou de SUV, comme la Renault Mégane ou la Peugeot 2008, mais pas une Tesla.
• Véhicules moins polluants : un prêt à taux zéro pour les ménages modestes
A partir du 1er janvier 2023, un prêt à taux zéro sera expérimenté pendant deux ans pour financer l’achat de véhicules plus propres pour les ménages les plus modestes. Pour en bénéficier, ils doivent être domiciliés dans des zones à faibles émissions ou dans une communauté intercommunale voisine et avoir un revenu fiscal ne dépassant pas 14 000 euros.
Les micro-entreprises de moins de 10 salariés, domiciliées dans les mêmes zones, et dont le chiffre d’affaires ou le bilan est inférieur à 2 millions d’euros, pourront également bénéficier de ce dispositif.
Conséquence de la Loi Climat et Résilience, ce prêt sera soumis à des conditions précises : par exemple, il ne pourra excéder 30 000 euros et sera remboursable en sept ans auprès des banques ayant signé une convention avec l’Etat.
• Le pass navigation passe à 84 euros par mois
A partir du 1er janvier 2023, le prix du forfait Navigo pour les transports en Ile-de-France augmentera de 12 %. Celui-ci passera à 84,10 euros par mois, soit une augmentation de près de 10 euros par rapport à son prix actuel. Le prix mensuel du forfait Navigo était en effet fixé à 75,20 euros depuis janvier 2017.
Le billet unique sera également vendu à un prix plus élevé aux usagers puisque son prix atteindra 2,10 euros contre 1,90 euros actuellement. Le prix du forfait semaine passera de 22,80 euros à 30 euros. Et le carnet de tickets T+ peut être acheté pour 19,10 euros, contre 16,90 euros.
• Les tarifs moyens SNCF augmenteront de 5%
Pour faire face à l’inflation, la SNCF a annoncé que les prix des billets TGV augmenteraient en moyenne de 5 % à partir du 10 janvier 2023.
Par ailleurs, la compagnie ferroviaire va durcir les conditions de modification et d’annulation de ses billets pour les usagers, à partir de début février. En cas de modification ou d’annulation d’un billet, la gratuité ne s’appliquera qu’à J-6 avant le jour du départ (contre J-3 actuellement). Quant aux frais d’annulation ou de modification, ils iront de 15 à 19 euros.
• Le taux de rémunération du nouveau PEL à 2%
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a annoncé “la revalorisation à 2%, contre 1% actuellement, des plans d’épargne logement (PEL) ouverts à partir du 1er janvier 2023”.
Pour rappel, le Plan d’épargne logement (PEL) est un compte bancaire qui permet “d’épargner jusqu’à 15 ans et de bénéficier d’un prêt à taux préférentiel pour financer une acquisition, une construction ou des travaux”, explique Bercy sur son site internet.
A noter que ce rendement ne s’appliquera qu’aux nouveaux PEL car ce dispositif d’épargne a la particularité de maintenir le taux de rendement à son ouverture tout au long de sa durée de vie.
• Une partie des passoires thermiques interdites à la location
A partir du 1er janvier 2023, un logement ne peut plus être loué en France métropolitaine lorsque sa consommation énergétique dépasse 450 kWh/m2. Il fait donc partie des logements classés G dans le diagnostic d’efficacité énergétique (DPE) qui ne peuvent plus être loués.
Ce seuil maximum de consommation a été modifié par décret publié au Journal officiel de la Generalitat de Catalogne le 13 janvier 2021.
• Investissement locatif : une nouveauté pour Pinel
Le dispositif Pinel est scindé en deux à compter du 1er janvier 2023. D’une part, un dispositif Pinel+ est créé qui conserve les mêmes types de réduction d’impôt qu’avant mais avec des conditions supplémentaires à respecter. En revanche, l’avantage est réduit pour les autres investissements dans le cadre d’un Pinel « classique ».
Pour rappel, le dispositif “Pinel” est destiné aux futurs propriétaires qui envisagent de mettre leur bien en location : ils ont droit à une aide à l’achat s’ils acceptent de demander un loyer inférieur (en théorie) au prix du marché. L’avantage fiscal lié au Pinel dépendra du montant de votre investissement initial (dans la limite de plusieurs plafonds) et de la durée de location choisie (6, 9 ou 12 ans) ainsi que, désormais, du fait que soit ou le bien ne répond pas à certaines normes énergétiques ou de confort.
Découvrez tout ce qui change en 2023 pour Pinel dans notre article dédié.
• Certains foyers sans compteur Linky devront payer
“A partir de 2023, les foyers qui ont refusé l’installation du compteur Linky, et qui ne l’ont pas communiqué à…