Jacques Sereys, figure de la Comédie-Française, est décédé

L’acteur Jacques Sereys prononce un discours après avoir reçu le Molière du meilleur humoriste de ‘du cote de chez Proust’ au théâtre Mogador à Paris le 24 avril 2006 lors de la 20e cérémonie annuelle des Molières qui récompense des œuvres de théâtre, des acteurs et des réalisateurs distingués. eux-mêmes sur la scène française en 2005. PHOTO AFP PIERRE VERDY (Photo by PIERRE VERDY / AFP) PIERRE VERDY / AFP

C’était un visage qui respirait la bienveillance, éclairé par un large sourire et un regard bleu bienveillant, un homme élégant à la diction claire, un acteur virtuose qui a marqué le théâtre français de son empreinte. Jacques Sereys est décédé à l’âge de 94 ans, a annoncé l’Elysée le 1er janvier 2023.

Né le 2 juin 1928 à Saint-Maurice (Val-de-Marne) d’un père inconnu, il est élevé par sa grand-mère, cuisinière dans des maisons bourgeoises, et sa mère, brodeuse.

Il passe son enfance à Marseille, où il habite au-dessus d’un entrepôt de parfumerie, mais rêve d’une carrière d’acteur à Paris. Après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il est jeune commis au Crédit Lyonnais, il écrit également des poèmes qu’il récite en public et intègre un groupe de critiques pendant trois ans. Il s’efforce de perdre son accent du sud pour entrer à la Comédie-Française.

Goldoni, auteur préféré

C’est en 1947 qu’il arrive à Paris et fait des petits boulots, puis se rend au Maroc pour faire son service militaire. A son retour de l’armée, il devient auditeur au Conservatoire et obtient à 27 ans les deux premiers prix de comédie classique et moderne qui lui ouvrent les portes des Français en 1955. Pierre Descaves, qui le reçoit rue de Richelieu, déclare dans Le Monde que « cet acteur qui a déjà fait ses preuves sur les boulevards est capable de jouer n’importe quel rôle de composition. [Il] les lunettes[ait] même très bien en petit marquis ». Mais Jacques Sereys sera considéré comme limité dans ses rôles et n’y restera que dix ans.

Puis il joue dans des œuvres de Sacha Guitry, Georges Feydeau et Raymond Castans, avec des expériences originales, comme en juillet 1967, où il interprète, en anglais et en français, une œuvre d’André Roussin, Une femme qui dit la vérité, sur la Paquebot français entre Le Havre et Cherbourg.

Suite au succès d’une autre pièce d’André Roussin, Nina, elle revient à la Comédie-Française en 1978, à la demande de l’administrateur, Pierre Dux, jusqu’en 1997. Comme le précise la Comédie-Française, « leurs professeurs s’appellent Beaumarchais. , Marivaux, ses compagnons Jacques Charon, Robert Hirsch, Jean Piat, Françoise Seigner ». Il triomphera dans la trilogie de La Villégiature, de Carlo Goldoni, mise en scène par l’Italien Giorgio Strehler, en décembre 1978. Goldoni sera l’auteur préféré de celui qui devient une bête de scène. Humilié par son travail, il dit que c’est différent sur scène : « Quand je suis sur scène, tout change. Je deviens un autre. Je suis là pour le public. Sa carrière a été couronnée à plusieurs reprises. Il devient membre honoraire des Français en 1997. Et, en 2006, Jean-Luc Tardieu, qui le met en scène seul aux côtés de Proust, lui permet d’obtenir le Molière du meilleur acteur.

Il vous reste 48,08% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *