PARIS, le 6 octobre (Nouvelles du Bénin) –
Le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) a mis en garde contre une augmentation des cas de diphtérie chez les migrants en Europe, tout en précisant que le risque d’infection dans la population générale est “très faible”.
Au 26 septembre 2022, 92 cas de diphtérie chez les migrants, dont un cas mortel, ont été signalés en Autriche, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Norvège, en Belgique, en France et en Suisse. Tous les cas sont des hommes, principalement originaires d’Asie et d’Afrique, et la plupart d’entre eux ont été diagnostiqués dans des centres d’accueil pour migrants.
Compte tenu de la forte couverture estimée de la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC) dans les pays de l’Union européenne, allant de 91 % à 99 % pour la première dose (DTC1), trois doses pour un cycle complet de vaccination et entre 85 % et 99 % pour la troisième dose (DTC3), la probabilité que les personnes vivant dans les communautés développent la maladie est très faible.
Cependant, la possibilité d’infections secondaires dans la communauté ne peut être exclue et une diphtérie clinique sévère est possible chez les personnes non vaccinées ou immunodéprimées. Pour les personnes qui vivent, travaillent ou font du bénévolat dans des centres de migrants, il existe un risque modéré d’exposition à la bactérie diphtérique.
Les personnes exposées, non vaccinées ou immunodéprimées peuvent souffrir d’une issue grave à la suite d’une infection par la diphtérie. Cependant, l’impact de la maladie pour les personnes ayant un calendrier complet de vaccination contre la diphtérie est considéré comme faible.
Pour limiter la propagation de la maladie, l’agence a demandé aux pays de mettre en place des mesures de détection précoce, de prévention et de traitement. À cette fin, ils devraient vérifier le statut vaccinal contre la diphtérie des immigrants nouvellement arrivés et fournir des rappels contre la diphtérie ou le cycle complet de vaccination contre la diphtérie si nécessaire.
De plus, il est nécessaire d’isoler les cas confirmés ou suspects de diphtérie respiratoire et d’appliquer les précautions contact pour les cas confirmés ou suspects de diphtérie cutanée ; ainsi que fournir des informations et des instructions aux médecins, aux professionnels de la santé dans les centres de migrants et aux voyageurs revenant de zones endémiques pour l’identification et l’isolement rapides des cas possibles, l’échantillonnage et les tests.
D’autres mesures consistent notamment à s’assurer que tout le personnel travaillant dans les centres d’accueil des migrants dispose de carnets de vaccination à jour ; identifier, tester et surveiller les contacts étroits ; fournir une prophylaxie antibiotique et une vaccination aux contacts étroits ; et pour se renseigner sur les itinéraires de migration, les périodes de résidence dans les camps de migrants ou les logements surpeuplés où la diphtérie s’est transmise.